Le Refugee Food Festival, événement culinaire itinérant, a fait escale à Paris du 20 au 26 juin 2025. Pendant une semaine, des chefs réfugiés ont investi les cuisines de restaurants parisiens pour proposer des menus mêlant leurs traditions et la gastronomie locale. L'initiative, portée par l'association Food Sweet Food, vise à favoriser l'intégration des personnes exilées par le partage de leur culture culinaire.
Des rencontres entre chefs réfugiés et restaurateurs installés
Cette année, une dizaine de chefs réfugiés ont participé au festival, venus de Syrie, d'Afghanistan, du Soudan, d'Érythrée ou encore d'Ukraine. Chacun a été jumelé avec un restaurant parisien pour élaborer un menu unique. Parmi eux, Mohammad, un chef syrien de 34 ans, a travaillé avec le restaurant "Le Petit Bistrot" dans le 11e arrondissement. Il propose un plat signature : des kebbeh aux épices, accompagnés d'une sauce au yaourt et à la menthe. "La cuisine est un langage universel. Ici, je peux montrer qui je suis sans avoir à parler", confie-t-il.
De l'autre côté, les restaurateurs partenaires voient dans cette collaboration une opportunité d'enrichir leur carte et de sensibiliser leur clientèle. Julie, propriétaire du "Bistrot des Saveurs" dans le 10e arrondissement, déclare : "C'est une expérience humaine incroyable. Nos clients découvrent des saveurs nouvelles et comprennent mieux le parcours de ces chefs."
Un chiffre clé : 80 % des participants trouvent un emploi
Selon les organisateurs, 80 % des chefs réfugiés ayant participé au festival depuis sa création en 2016 ont trouvé un emploi stable dans la restauration dans les six mois suivant l'événement. Ce chiffre souligne l'impact concret de l'initiative sur l'insertion professionnelle des exilés. En 2025, le festival s'est déroulé dans 15 villes françaises, dont Lyon, Marseille, Bordeaux et Lille, et a impliqué 50 restaurants.
Un programme au-delà de la cuisine
Le Refugee Food Festival ne se limite pas aux dîners. Des ateliers culinaires, des conférences et des dégustations sont organisés tout au long de la semaine. À Paris, un atelier de cuisine afghane a réuni une vingtaine de participants, animé par Zahra, une cheffe afghane de 28 ans. "Je veux montrer que mon pays n'est pas seulement la guerre, mais aussi des plats délicieux comme le kabuli pulao", explique-t-elle. Ces moments de partage permettent de briser les préjugés et de créer du lien entre les communautés.
Un impact social et économique
Au-delà de l'intégration, le festival a un impact économique. Les restaurants participants constatent une augmentation de leur fréquentation de 15 à 20 % pendant l'événement, selon un sondage réalisé auprès des établissements parisiens. Pour les chefs réfugiés, c'est une vitrine qui leur permet de se faire connaître et de développer leur réseau professionnel. Certains ont même lancé leur propre food-truck ou entreprise de traiteur après leur passage au festival.
L'association Food Sweet Food prévoit d'étendre le festival à d'autres pays européens en 2026, avec des éditions à Berlin, Londres et Bruxelles. "Notre objectif est de montrer que la cuisine peut être un outil puissant de cohésion sociale", conclut Marine Mandrila, co-fondatrice de l'association.



