Le musée des Cultures taurines de Nîmes a considérablement modifié sa collection permanente, offrant aux visiteurs une expérience renouvelée à l'occasion de la Feria de Nîmes 2026. Situé à deux pas des arènes, ce lieu culturel a rouvert ses portes le jeudi 21 mai avec une exposition temporaire intitulée Camargue, terre d'eaux, mais c'est surtout la transformation de 90 % de sa collection permanente qui attire l'attention.
Un voyage à travers le monde et le temps
Dès l'entrée, le visiteur emprunte les escaliers menant à l'étage pour un parcours qui explore la relation entre l'homme et le taureau à travers les siècles et les continents. Les premiers élevages de bovins dans la région remontent au paléolithique. L'exposition met en lumière la vision du taureau en Asie et en Afrique, avec notamment la présentation d'un masque africain. Dans de nombreuses cultures, le taureau est considéré comme un symbole de fertilité et de protection.
Les jeux taurins sont également mis à l'honneur grâce à une table tactile interactive. On y découvre par exemple les sauts par-dessus le taureau pratiqués en Crète antique. Le musée rappelle aussi la présence du taureau sur les monuments nîmois : l'amphithéâtre romain, la cathédrale Saint-Castor et, anciennement, la Porte Auguste.
La culture camarguaise à l'honneur
La culture taurine de Camargue occupe une place centrale dans la nouvelle exposition. La race Camargue, reconnue officiellement en 1999, est largement présentée. Les visiteurs peuvent admirer la première œuvre du peintre nîmois Claude Viallat, représentant un taureau. Pour mieux comprendre cette tradition, une vidéo plonge dans les coulisses du tri des taureaux à la manade Cuillé.
Une vitrine sur la protection animale
La corrida conserve une place importante au musée, mais une nouveauté de taille s'impose : une vitrine dédiée aux débats sociétaux autour du bien-être animal et de la protection animale. Cette prise de conscience, qui remonte au XIXe siècle, est retracée tout au long du parcours. La conservatrice Lisa Laborie-Barrière souligne que cette intégration n'a pas suscité de débats au sein de l'équipe, affirmant que le musée se veut en phase avec les questionnements contemporains. Elle rappelle que « le musée n'est pas celui des arènes ou de la corrida ».
Des trésors pour les aficionados
Les passionnés de tauromachie ne seront pas en reste. L'exposition présente des affiches anciennes de courses espagnoles, dont la première affiche illustrée de 1868, offerte par les Amis du musée. Des ouvrages sur la codification, comme celui de Pepe Hillo, sont exposés. Une table tactile permet de découvrir les éléments des habits de lumière, tandis qu'une vidéo met en scène le torero Solal Calmet. Un espace est dédié à Nimeño II, légendaire matador nîmois, et un hommage est rendu chaque année à un torero différent, cette fois à El Cordobès. Les femmes liées à la tauromachie sont également mises à l'honneur.
Informations pratiques
Le musée bénéficiera de travaux l'année prochaine pour améliorer l'expérience des visiteurs. Actuellement, il est ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 18 h, et le samedi et dimanche de 10 h à 18 h 30. Une ouverture exceptionnelle est prévue pour le lundi de Pentecôte. Adresse : Musée des Cultures taurines, 6 rue Alexandre-Ducros, Nîmes. Tarifs : 5 €, 3 €, gratuit pour les moins de 18 ans. Renseignements au 04 30 06 77 07.



