Off Campus : une romance de hockey qui casse les codes avec profondeur
Off Campus : romance de hockey qui casse les codes

L'histoire de la série Off Campus avait tout pour être une énième romance clichée. On retrouve (encore une fois) des hockeyeurs beaux comme des dieux, une vie de campus et une étudiante brillante et fauchée qui va se mettre en (faux) couple avec un sportif pour rendre jaloux le garçon dont cette dernière est amoureuse. Rien de nouveau sous le soleil. Sans oublier que le monde est tombé sous le charme il y a quelques mois de l'histoire de Heated Rivalry, une autre romance de hockey adaptée d'une saga littéraire mais qui met en lumière une histoire d'amour homosexuelle.

Des corps parfaits, mais une profondeur inattendue

Dans cette nouvelle série diffusée sur Prime Video, les corps des sportifs sont totalement caricaturaux : torses impeccables, cheveux parfaits malgré l'effort, dents alignées alors qu'on parle de joueurs de hockey et mâchoires carrées. Pourtant, derrière les casques et les abdos, la série cache une profondeur inattendue qui la distingue des romances universitaires classiques.

Consentement et gros biceps

Au cœur de la première saison adaptée du premier livre The Deal d'Elle Kennedy (Hugo Roman), on suit Hannah Wells, une étudiante en musique introvertie et indépendante, et Garrett Graham, le capitaine charismatique et coureur de jupons de l'équipe de hockey de l'université locale. Si dès le début on comprend que le « deal » passé – elle doit le faire réviser et lui se faire passer pour son faux petit ami – va mener à une histoire d'amour, l'histoire va s'émanciper petit à petit des carcans de la romance pour partir vers une exploration plus sincère des personnages et surtout plus en adéquation avec les problématiques actuelles. « J'ai trop aimé qu'Hannah ait le contrôle sur son expérience post-traumatique sans qu'un prince charmant vienne la sauver », souffle Tamara. « On n'est pas partie là-dedans et j'ai adoré qu'on donne le pouvoir aux femmes sur leur vie et leur vécu », raconte avec enthousiasme celle qui a adoré la série. Car le personnage principal de la série traîne un lourd traumatisme (un viol lors d'une soirée au lycée) et Garrett porte les cicatrices d'un père violent et exigeant. La série ne se contente pas de montrer des corps parfaits sur la glace, elle ose parler consentement, pression sportive, masculinité toxique et reconstruction de soi.

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Une remise en question des codes de la virilité

C'est là qu'Off Campus surprend. Dans un genre souvent accusé de glorifier les « bad boys », la série questionne subtilement les codes de la virilité. Les joueurs de hockey sont bruts, bagarreurs, parfois immatures… mais aussi vulnérables. On voit Garrett craquer sous la pression, ou encore le groupe entier naviguer entre loyauté fraternelle et peur de l'échec dans le monde sportif. La série montre comment ces jeunes hommes élevés dans une culture ultra-compétitive apprennent à exprimer leurs émotions et à être des « greens flag » pour les femmes. Ils sont complètement à l'écoute des personnages féminins et pour Zoé, c'est ça aussi qui marche : « On voit que le consentement est pris au sérieux dans la série, c'est la base mais c'est super de ne pas voir des filles qui tombent sur des loosers », termine-t-elle.

Des femmes « normales » et ambitieuses

Si on connaissait les romances qui avaient comme « tropes » (des sujets dans le langage de ce genre littéraire) les relations toxiques et le triangle amoureux, ici on en est bien loin. La série sort enfin de ce schéma caricatural comme le juge Fatou, grande fan du livre et de son adaptation : « C'est juste deux jeunes adultes qui se kiffent et qui se le disent et dans notre génération il n'y a plus trop cela. Donc Off Campus nous fait rêver ». Car même si le début de l'histoire fait penser à l'existence d'un triangle amoureux, il disparaît vite pour se concentrer sur la romance entre Hannah et Garrett et l'importance de guérir de ses blessures pour être heureux à deux. Une histoire qui fonctionne complètement chez la Gen Z qui se presse sur les réseaux sociaux pour commenter la romance et débriefer les épisodes. Depuis la sortie de tous les épisodes sur Prime Video, la série est au top des visionnages.

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Les femmes ont aussi une place importante. Outre le fait que cela fait plaisir de voir des femmes avec des corps qui représentent vraiment ce que l'on peut voir dans la rue, les héroïnes ne sont pas là uniquement pour tomber amoureuses. Hannah est ambitieuse, drôle, talentueuse. Elle pose ses limites, refuse d'être sauvée et veut se reconstruire par elle-même. Les amies qui gravitent autour d'elle (et qui prépareront sans doute les saisons suivantes) ont leur propre vie, leurs ambitions, leurs failles. « Et pour le moment il n'y a pas de toxicité entre elles, pas de coups bas et de rivalité féminine comme on l'a souvent dans les séries », juge Tamara. Off Campus assume ses scènes spicy (et elles sont nombreuses), mais ne sacrifie jamais le développement émotionnel. On enchaîne alors les huit épisodes sans culpabilité, et on ressort avec l'impression d'avoir vu quelque chose d'un peu plus intelligent que la moyenne.

Déjà renouvelée pour une saison 2 avant même sa sortie, la série promet d'explorer d'autres couples du groupe (Dean et Allie, Logan et Grace…).