Saint-Rome-de-Tarn prépare sa session annuelle des Cornards
Ce lundi 6 avril 2026, vers 15 heures, sous une température estivale annoncée dépassant les 20°C, la ville de Saint-Rome-de-Tarn s'apprête à vivre un moment unique. La session 2026 des Cornards, cette tradition originale et centenaire, va animer les rues de la commune aveyronnaise. Autour de la célèbre "basse-cour de justice", chère aux anciens Henri, Jeannot et Jo, le tribunal mobile sera conduit en grande pompe jusqu'au Pré de Barres.
Une fête populaire aux couleurs locales
De nombreux participants costumés danseront au rythme entraînant de la Banda Mescladis, un nom particulièrement bien choisi pour cette fête dédiée à la "chasse" aux jeunes cocus de l'année. Cette manifestation, à la fois judiciaire et festive, attire chaque année des curieux et des passionnés de traditions locales.
La Presse sera présente pour couvrir cet événement annuel, témoignant de l'importance culturelle de cette pratique unique en son genre. Les figures emblématiques de cette tradition, les Alibert, Bosc et Souque, seront au cœur des célébrations.
Les racines historiques d'une tradition séculaire
Si des recherches historiques sérieuses menées par l'association du Païssel Saint-Romain ont permis de situer la genèse de cette fête en 1688, le grand livre de la "cornaillerie" apporte des précisions fascinantes sur cette tradition longtemps transmise oralement.
Il s'agit d'un imposant livre de comptes détourné de sa fonction initiale par Édouard Galy vers 1910, devenant ainsi le premier document écrit consacré à cette pratique. On peut y lire le texte original de la condamnation : "Au nom de la Société de Secours Mutuel [Les Cornards de Saint-Rome-de-Tarn], nous vous condamnons en vertu de l'article 12 de nos statuts..."
Ce document historique est contresigné par le président Grosnier, le juge Vas Yvoir et le greffier Amen. Une série de colonnes par année mentionne l'identité des prévenus, avec une liste débutant en 1909 ou 1910 (le chiffre ayant été raturé). Le premier nom cité est celui d'Henri Nègre, né à Camarès et marié à une Saint-Romaine.
Les interruptions et la pérennité de la tradition
On relève des interruptions significatives durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, ce qui empêche aujourd'hui de numéroter précisément la session en cours. Malgré ces pauses historiques, la tradition a su perdurer à travers les siècles.
Le 12 mai 1991, Jean Delmas avait donné une conférence sur ce sujet dans le cadre de la journée foraine de l'Université populaire du Sud-Rouergue, à Saint-Rome-de-Tarn, témoignant de l'intérêt académique pour cette pratique culturelle unique.
Cette année encore, les habitants et visiteurs pourront assister à cette manifestation qui mêle humour, tradition et vie communautaire, perpétuant ainsi un patrimoine culturel aveyronnais exceptionnel.



