Le LAC Festival de Roquebrune-sur-Argens devient payant : un virage qui divise la municipalité
LAC Festival payant : un virage qui divise Roquebrune-sur-Argens

Le LAC Festival de Roquebrune-sur-Argens adopte une formule payante pour sa deuxième édition

Après une première édition gratuite qui avait rencontré un franc succès l'été dernier, le LAC Festival de Roquebrune-sur-Argens opère un virage significatif pour sa deuxième saison. L'événement musical, qui avait accueilli des artistes de renom comme Madame Monsieur et Roberto Alagna, deviendra payant dès cet été. Cette décision, officialisée lors du dernier conseil municipal, a immédiatement suscité un vif débat entre la majorité municipale et les groupes d'opposition.

Une décision défendue par la majorité municipale

La majorité municipale, représentée par l'élue Stéphanie Métivier et le premier adjoint Yoann Gnerucci, assume pleinement ce changement de cap. Ils avancent plusieurs arguments pour justifier cette évolution :

  • Structuration et pérennité : La nouvelle formule payante doit permettre au festival de franchir un cap sur le plan artistique et organisationnel.
  • Montée en gamme : Stéphanie Métivier explique que « monter en gamme, ça a un coût » que la municipalité ne peut plus assumer seule.
  • Élargissement du public : Yoann Gnerucci souligne que la programmation étalée sur plusieurs dates permet de toucher différents types de publics, contrairement à un festival concentré sur quelques jours.

Les tarifs annoncés sont de 20 euros la place, avec des réductions à 15 euros pour deux pass et 10 euros pour le jeune public. La majorité estime que ces prix restent raisonnables, surtout comparés aux tarifs pratiqués dans d'autres festivals pour des têtes d'affiche similaires.

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L'opposition dénonce une atteinte à l'accessibilité culturelle

Face à cette décision, les groupes d'opposition n'ont pas tardé à exprimer leurs réserves. Julie Lechanteux, élue du Rassemblement National, pointe du doigt le manque de transparence sur les coûts réels et l'équilibre financier de l'opération. Elle propose une alternative : concentrer le festival sur plusieurs jours consécutifs pour réduire les coûts logistiques et générer davantage de retombées économiques grâce aux nuitées supplémentaires des festivaliers.

L'autre groupe d'opposition, représenté par Ken Tissier, s'interroge sur la justification du passage à la gratuité et suggère au moins de maintenir l'accès gratuit pour les habitants de Roquebrune-sur-Argens. Pour eux, cette décision remet en cause l'accessibilité culturelle qui avait précisément fait le succès de la première édition.

Deux visions distinctes de l'avenir culturel

Le débat révèle deux conceptions bien différentes de la politique culturelle locale. D'un côté, la majorité municipale souhaite créer « une véritable marque » autour de l'événement, avec même la commercialisation d'objets promotionnels comme des t-shirts et des éco-cups. Elle voit dans cette évolution une nécessité pour assurer la pérennité et le développement qualitatif du festival.

De l'autre côté, l'opposition défend une vision plus accessible de la culture, mettant en avant le principe de gratuité qui avait permis au festival de toucher un large public dès sa création. Ils craignent que cette nouvelle orientation n'exclue une partie de la population et ne trahisse l'esprit initial de l'événement.

Alors que la deuxième édition du LAC Festival approche, cette polémique municipale illustre les tensions entre ambition culturelle et accessibilité démocratique, entre développement économique et mission de service public. Le succès ou l'échec de cette nouvelle formule payante sera scruté de près, tant par les partisans que par les détracteurs de cette décision.

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