Saint-Rome-de-Tarn célèbre la 338e édition de la Fête des Cornards
Ce lundi 6 avril, le village de Saint-Rome-de-Tarn, situé dans le département de l'Aveyron, a vibré au rythme de la célèbre Fête des Cornards. Contrairement à la traditionnelle chasse aux œufs de Pâques, les rues ont été envahies par des hommes vêtus de jaune et noir, évoquant les célèbres frères Dalton, dans le cadre de cette manifestation folklorique unique.
Le tribunal mobile de la cornaillerie en action
Le point culminant des festivités a été, comme chaque année, le tribunal de la cornaillerie, également surnommé le « tribunal des cocus ». Présidé par Didier Fraysse, arborant son costume de juge suprême, cette cour fictive a jugé cinq « détenus » : des hommes mariés dans l'année ou récemment installés dans la commune. Leur peine ? Un nombre de sauts déterminé en fonction des supposées incivilités attribuées à leur épouse, dans une ambiance bon enfant et théâtrale.
Le cortège du tribunal mobile a défilé dans les rues du village, accompagné par la peña Banda Mescladis de Béziers, sous un soleil éclatant. Les habitants, certains déguisés pour l'occasion, ont suivi avec impatience, se dirigeant vers le Champ des Prés où le jugement a eu lieu. Les accusés, préalablement chassés dans le village, ont été traînés sur place pour être présentés au public.
Les bourreaux appliquent la sentence avec humour
Tour à tour, les « cocus » ont été exposés à la foule, avant que les bourreaux, coiffés de cornes et vêtus de cuir, n'exécutent la sentence en faisant effectuer les fameux sauts. Parmi les condamnés, Jérémy Duquesne, le nouveau boulanger du village, a été une cible facile pour les plaisanteries. Condamné à cinq sauts, Didier Fraysse a ironisé : « Il est en congé demain, donc on aura quand même du pain », suscitant les rires des spectateurs.
Du côté de la défense, Bernard Thomas n'a pas réussi à alléger la peine de son fils Romain, également détenu, qui a finalement écopé de douze sauts. Cette scène a illustré le caractère familial et convivial de l'événement, où l'humour et la tradition se mêlent harmonieusement.
Une après-midi festive et musicale
L'après-midi s'est poursuivie en musique avec la peña Banda Mescladis, créant une ambiance joyeuse et entraînante. Les festivités se sont conclues par un repas convivial, rassemblant les participants et les villageois autour de plats locaux et de discussions animées. Le rendez-vous est d'ores et déjà donné pour le prochain lundi de Pâques, perpétuant ainsi cette tradition vieille de plusieurs siècles.
La Fête des Cornards, avec son tribunal des « cocus », reste un événement phare de la vie culturelle aveyronnaise, attirant chaque année des curieux et des passionnés de folklore. Elle témoigne de la richesse des traditions rurales et de leur capacité à évoluer tout en conservant leur essence originale.



