Festival des Hérault du cinéma : Patrick Jorge entre inquiétude et confiance
Festival des Hérault : organisateur entre inquiétude et confiance

Le festival des Hérault du cinéma, après 23 éditions au Cap d'Agde, est menacé d'extinction. Entre restrictions budgétaires et soutien populaire, son avenir dépend désormais de la décision de la nouvelle municipalité. Patrick Jorge, l'organisateur, se dit à la fois inquiet et confiant.

Une 23e édition sous tension

Du 18 au 21 juin, la 23e édition du festival des Hérault du cinéma et de la télé se tiendra au Palais des Congrès du Cap d'Agde. Des rumeurs circulent sur une possible dernière édition. Patrick Jorge réagit : « Je suis comme vous, j'entends des commentaires, négatifs mais aussi positifs, notamment sur les réseaux sociaux. Je laisse au public le soin de donner son avis sur l'intérêt du festival, en attendant que la ville décide de son maintien ou sa suppression. Une chose est sûre : je ne veux pas que la décision soit annoncée en catimini dans quelques semaines ou quelques mois. S'il doit disparaître, qu'on le dise pendant le festival ! »

Des contacts avec la nouvelle municipalité

L'édition 2026 avait été signée avec l'ancienne municipalité. Patrick Jorge a rencontré le nouveau maire, Aurélien Lopez Liguori : « Il m'a confirmé que l'heure était aux économies et il a réduit le festival à trois jours. Pour autant, il n'a pas été négatif du tout. Je lui ai présenté l'intérêt des Hérault du cinéma, notamment au niveau des retombées économiques sur la ville et nous étions d'accord sur pas mal d'aspects. Je suis à la fois inquiet pour l'avenir du festival et confiant en même temps, car je sais qu'il jouit d'un vrai soutien populaire. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un soutien populaire indéniable

L'organisateur souligne l'attachement du public : « Si vous saviez, quand je suis à Agde, le nombre de personnes que je croise dans la rue et qui me parlent du festival… Ils me voient tous les ans depuis 24 ans. Je pense que le public serait frustré de le perdre. Certains viennent chaque soir pour le passage des acteurs sur le tapis rouge, d'autres pour assister aux séances gratuites… On parle là d'un festival qui ne coûte pas cher, convivial. Le supprimer sans vraiment savoir pourquoi… »

Un budget modeste comparé à d'autres festivals

Le coût du festival est estimé à environ 150 000 €, incluant les frais techniques (10 000 €), la location de films (12 000 €), les déplacements d'une centaine d'invités (20 000 €), les repas (20 000 €) et les frais d'hôtel (60 000 €). Patrick Jorge compare : « Je ne sais pas quel est le budget de la ville d'Agde, mais cela ne semble pas disproportionné pour un festival. » La ville d'Agde dispose d'un budget annuel d'environ 110 millions d'euros. « Comparé à de nombreux autres festivals de cinéma, celui d'Agde ne coûte proportionnellement pas très cher. »

Réponse aux critiques sur les dépenses

La nouvelle municipalité a pointé des largesses supposées, comme l'achat de champagne. Patrick Jorge répond : « Ce que faisait ou pas l'ancienne municipalité n'est pas de mon ressort. De mon côté, je suis un prestataire, payé pour respecter un cahier des charges précis. Après, on peut supprimer les cocktails, les acteurs ne viennent pas pour ça, de toute façon. Car ici, c'est l'anti-Cannes, un rendez-vous avant tout convivial. »

Une ouverture à travailler avec la nouvelle municipalité

Interrogé sur sa disposition à travailler avec la nouvelle municipalité RN d'Agde, Patrick Jorge affirme : « Je travaille avec tout le monde. La culture et encore plus le cinéma n'a pas de couleur politique. Dans la salle, je ne demande pas aux spectateurs qui vote quoi ! Moi-même, dans la programmation, j'exclus les films partisans ou politiques, pour ne froisser personne. J'entends le procès que l'on fait au Rassemblement national, comme quoi il serait hostile à la culture. Mais le maire d'Agde ne me semble pas être comme celui de Carcassonne ! Et du côté des acteurs, je n'ai pas essuyé de refus pour venir ici. Mon seul objectif est que les gens soient heureux, quelle que soit la mairie en place. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale