Le samedi 5 juillet 2025, les musiciens et amis de l'harmonie de la cité des trois clochers, créée le 25 avril 1925, se sont retrouvés pour fêter son centenaire et tourner ensemble une page d'histoire. Retour sur un article publié à l'époque.
Il a pris la route vendredi 4 juillet dès potron-minet. Yves Gendrop ne voulait pas manquer ce rendez-vous avec l'histoire : le centenaire de l'harmonie de la Sainte-Cécile de Doazit, dignement fêté samedi 5 juillet 2025, en présence de tous les musiciens rassemblés au pied des arènes lors de la traditionnelle photo de famille. « Je suis venu de Saint-Étienne, où je réside depuis de nombreuses années pour des raisons familiales et professionnelles, explique Yves Gendrop, originaire de Saint-Pierre-du-Mont. J'ai joué du trombone au sein de cette harmonie extraordinaire de par son fonctionnement en interne, et dont je conserve d'excellents souvenirs. Je suis revenu pour retrouver mes copains. »
À quelques pas, Gauthier Dumas, 14 ans, le benjamin de la Sainte-Cécile, ne cache pas son impatience de participer au concert du centenaire : « Je joue du trombone. Je suis arrivé à l'école de musique à l'âge de 6 ans. » Car « la musique, il faut commencer à en jouer très jeune », insistent Justine Bréthous et Elsa Curutchet, membres de l'harmonie junior, parfois appelées à rejoindre la Sainte-Cécile.
Histoire de famille
Durant cette journée du souvenir, la nouvelle génération a eu l'opportunité de plonger dans l'histoire de l'harmonie en visitant l'exposition photos préparée par Eugénie et Yves Le Moigne, les mémoires vivantes de l'association : « Avec ma fille, nous sommes allés trois fois par semaine et pendant deux ans aux Archives départementales pour retrouver des photos, glisse Yves Le Moigne. Je suis tombé sur une d'entre elles, qui avait été prise lors du premier voyage de la Sainte-Cécile au Pic du Midi, en 1937. »
La célèbre harmonie a vu le jour le 25 avril 1925, « mais les premiers musiciens ont animé les fêtes de village à partir de 1900, précise Yves Le Moigne. La guerre de 1914 a tout bouleversé. C'est au sortir de ce conflit mondial que les membres de cette harmonie ont pris la décision de lui donner un nom. » Albert Lafargue, fondateur de la Sainte-Cécile de Doazit. C'est Albert Lafargue qui fonda la Sainte-Cécile. Daniel, son frère, reprit le flambeau. « Il a dirigé notre harmonie pendant une quarantaine d'années, précise sa nièce, Marie-Jo Le Moigne, saxophoniste, et aujourd'hui la plus ancienne des musiciennes. C'est lui qui a créé l'école de musique. »
Deux sœurs à la baguette
Une école qu'ont fréquentée de nombreux gamins du village et des alentours. « Daniel Lafargue a donné envie à beaucoup d'enfants de faire de la musique, se souvient un proche de l'association. Même les moins doués trouvaient leur place. Avec lui, il n'y avait pas de discrimination. »
À l'heure actuelle, la Sainte-Cécile est dirigée par Aurélie et Anne-Lise Lacaule, 25 et 23 ans, passées par le Conservatoire de Bordeaux. « Nous avons accepté de relever ce défi, ce qui n'était pas évident », avouent-elles. Un an plus tard, les deux sœurs sont toujours à la baguette. En ce jour de centenaire, le programme était éclectique : « Que je t'aime » en entrée, « Joaquim Bastinhas », de La Torre, « Villa Euracini », « A Catedral do Toureio a cavalo », « Flashdance » ou encore « Mo'Momo ! ». Une ultime ovation avant que la fête ne se poursuive jusque tard dans la nuit. On n'a qu'une fois 100 ans.



