Démonstration de danses place Louis-XIV à Saint-Jean-de-Luz, montée de la Rhune sur les traces de l’épouse de Napoléon III, grand bal aux Halles de Gaztelu à Hendaye : l’association L’Artmony propose du 1er au 3 mai une plongée dans la vie aristocratique du XIXe siècle, à l’occasion des 200 ans de la naissance de l’Impératrice Eugénie.
Une ascension historique de la Rhune
Certains imprudents se lancent à l’assaut de la Rhune en claquettes. D’autres sans gourde ni couvre-chef. Eux ont choisi d’affronter la montagne basque en costume du XIXe siècle. Guère plus adapté, mais totalement assumé : ces couples intrépides, en tenues de jour et redingotes, auront la bonne idée de se faire transporter jusqu’en haut par le Petit train. Comme en son temps l’impératrice Eugénie, qui avait opté pour une montée à dos de mule, assise dans un cacolet, ces sièges doubles de l’époque. C’était en 1859. Ce samedi 2 mai, un groupe de 75 personnes rejouera l’ascension de prestige, immortalisée par un obélisque dressé au sommet. Ce sera l’un des temps forts, visuellement détonant, d’un week-end de reconstitution historique au sud du Pays basque proposé par l’association luzienne L’Artmony, dans le cadre du bicentenaire de la venue au monde d’Eugénie de Montijo.
Eugénie de Montijo, une impératrice liée au Pays basque
Née à Grenade le 5 mai 1826, l’aristocrate espagnole devenue l’épouse de Napoléon III en 1853 est plus fréquemment associée à la cité balnéaire située un peu plus au nord. « C’est vrai que la cour impériale est plutôt liée à Biarritz. Mais, dans sa jeunesse, Eugénie venait souvent avec ses parents entre Saint-Sébastien et Saint-Jean-de-Luz. Elle a même failli se noyer à Saint-Jean-de-Luz », rappellent Kristian Arnold et Geneviève Dulac, chevilles ouvrières de l’événement. « Et puis on cherchait un lieu entre Bayonne et la frontière avec une salle assez grande pour un bal et avec un sol en bois », ajoutent-ils.
Le bal du samedi soir aux Halles de Gaztelu
Ce sera un autre moment marquant de ces trois jours : les Halles de Gaztelu à Hendaye accueilleront samedi soir un grand bal façon XIXe. Sur les planches, des dames en tournure ou crinolines, des messieurs en frac ou tenue militaire, prêts à entrer dans la danse. Ou plutôt les danses : polka, mazurka, valse et autre quadrille. L’insolite manifestation patrimoniale s’ouvrira le vendredi 1er mai avec une conférence publique au parc Ducontenia de Saint-Jean-de-Luz sur les psychés, « les premières poupées créées », donnée en début d’après-midi par la spécialiste du sujet Dominique Le Dan. Déjà costumé, le cortège d’environ 80 personnes présent à l’intervention descendra ensuite dans le centre-ville. Il défilera par la rue Gambetta avant un arrêt-visite à la Maison Louis-XIV. En début de soirée, il fera une démonstration de danses sur la place puis invitera le public à s’initier. Le rendez-vous s’achèvera le dimanche 3 mai par un rassemblement devant le Grand Hôtel à Saint-Jean-de-Luz, en tenue de plage XIXe. Au menu, danse encore et, si le temps s’y prête, un plouf en robe de bain avec charlotte sur la tête.
Faire exister les reconstitutions
« Le but des trois jours, c’est de promouvoir l’activité de reconstitution des bals d’époque du XIXe », résume Kristian Arnold, soulignant leur inexistence dans la région. « Et pourquoi pas de donner envie d’apprendre les danses de cette époque », complète Geneviève Dulac, danseuse professionnelle, qui dispense déjà des cours à Saint-Jean-de-Luz. Le couple franco-américain s’est pris de passion pour le genre il y a une dizaine d’années. « En 2016, j’avais proposé à Kristian d’assister à un bal costumé et masqué organisé par le Musée d’Orsay », rembobine la Luzienne, trésorière de l’association L’Artmony. L’intéressé avait accroché direct : « J’ai fait wahou ! Mais j’étais un peu frustré, alors j’ai pris des cours. Et comme les bals sont la plupart du temps dans des lieux historiques, j’ai commencé à apprendre toute l’histoire de l’Europe. »
Le tandem écume les réunions de danses et se lie d’amitié avec les autres fondus du XIXe, en France et en Europe. C’est eux qui constitueront les quelque 80 participants du long week-end. « Il y aura des gens d’Italie, de Suisse, de Bretagne, de Bordeaux, Toulouse, Marseille, etc », s’en réjouit le duo.
Informations pratiques
Le bal du samedi soir et la visite de la Maison Louis XIV sont complets. Le reste des animations est accessible et gratuit, sauf la conférence, proposée au prix de 5 euros.
- Vendredi 1er mai : Conférence publique au parc Ducontenia à Saint-Jean-de-Luz « Psyché et la mode sous Napoléon III », par Dominique Le Dan (14h30, 5 euros, paiement à l’entrée) ; visite de la Maison Louis XIV (17 heures, complet) ; danses de démonstration et danses avec le public, place Louis XIV (à partir de 18 heures, gratuit).
- Samedi 2 mai : Ascension de la Rhune par le Petit train, repas et danses au sommet (départ à 11h30, possibilité de se joindre au cortège en réservant sa place) ; grand bal aux Halles de Gaztelu à Hendaye (19 heures, complet).
- Dimanche 3 mai : Danses et baignade à partir du Grand Hôtel de Saint-Jean-de-Luz (10h30, gratuit).



