Le Gard sous l'Occupation se dévoile à travers une exposition exceptionnelle aux archives départementales de Nîmes. Intitulée "Le temps de la guerre, 1939-1945, dans le Gard", elle rassemble près de 500 objets et documents pour plonger les visiteurs dans cette période sombre de l'histoire.
Un mur de fiches pour les victimes juives
Dès l'entrée, un mur entier couvert de fiches de Juifs recensés dans le Gard interpelle. Ouvrier métallurgiste, employé d'assurance, étudiant... Chaque fiche raconte un destin. Combien ont connu l'enfer des camps ? Cette question glaçante accompagne le visiteur tout au long du parcours.
Une plongée dans la vie quotidienne
Corinne Porte, directrice des archives, et son équipe ont réalisé un travail de recherche minutieux. L'exposition débute par l'entrée en guerre et la débâcle. En zone libre, le Gard accueille alors 200 000 réfugiés, faisant passer sa population de 400 000 à 600 000 habitants durant l'été 1940. Des affiches de propagande de Vichy, des objets du quotidien, des témoignages vidéo permettent de comprendre la vie sous le régime de Pétain.
La résistance et la répression
L'exposition met en lumière les maquis, la résistance, la répression et la clandestinité. Une ronéo utilisée pour imprimer des tracts clandestins, un campement de chantier de jeunesse, la tenue de maquisard de Pierre Salles avec sa cravate de mariage taillée dans la soie d'un parachute... Autant d'objets qui racontent l'engagement et le sacrifice.
Le destin tragique de Marcelle Polge
L'exposition s'achève avec la Libération et l'épuration. Elle revient sur l'histoire cruelle de Marcelle Polge, qui avait posé pour le sculpteur Marcel Courbier. Accusée d'intelligence avec l'ennemi, elle est fusillée et son corps mutilé. Son histoire illustre la manière dont les femmes ont été traitées à cette époque.
Une programmation culturelle riche
L'exposition s'accompagne de visites commentées, d'ateliers pédagogiques pour les scolaires et de conférences. Parmi les thèmes abordés : le mémorial de la déportation gardoise, les bombardements de Nîmes, ou encore le parcours de Georges Bruguier, sénateur du Gard qui refusa les pleins pouvoirs à Pétain.
Jusqu'au 31 mai 2027, aux Archives départementales, 365 rue du Forez, Nîmes. Entrée libre.



