Africa Pop: l'expo qui fait dialoguer Nice et l'Afrique au Musée d'art naïf
Africa Pop: dialogue entre Nice et l'Afrique au Musée d'art naïf

Jusqu'au 18 octobre 2026, le Musée d'art naïf Anatole Jakovsky à Nice propose une immersion colorée avec l'exposition « Africa Pop ». Plus de 200 œuvres y sont présentées, mêlant textiles, objets du quotidien et créations contemporaines, dans un dialogue entre la Côte d'Azur et le continent africain.

Un voyage immersif dès l'entrée

Dès le portail franchi, le visiteur est accueilli par des « dirigeoires », ces arrosoirs en plastique multicolores typiques des cours d'Abidjan ou de Dakar, transformés en totems modernes. Leurs anses portent des ceintures de perles, symboles de féminité. L'objet du quotidien devient ici le récit d'une histoire, d'une migration, d'une audace.

Un duo de commissaires passionnés

L'exposition est conçue par le collectif 2e Arrêt, composé d'Anne Grosfilley, anthropologue spécialiste du textile et consultante pour Dior, et de Claude Boli, docteur en histoire et sociologie. Leur objectif : « Présenter l'Afrique dans sa diversité, du Maghreb à l'Afrique du Sud, pour montrer ce qui nous unit. »

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Le wax, fil rouge de l'exposition

Le wax est au cœur de l'exposition. Ce tissu de luxe, créé en Europe il y a plus de 130 ans à partir d'un procédé de batik indonésien, a conquis les marchés africains. Les femmes s'en sont emparées pour raconter leurs histoires. Au musée, les tissus sont présentés comme des tableaux textiles, certains mesurant jusqu'à 5,50 mètres sur 2,40 mètres. Chaque motif porte un nom évocateur : « Si tu sors, je sors » ou « Le sac à main de Michelle Obama », symbole d'ascension sociale.

Un parcours éclectique

L'exposition explore des thèmes variés : l'espace et les étoiles, en clin d'œil aux navigateurs du désert et à l'astrophysicien malien Modibo Keïta ; la musique, avec l'anecdote que Johnny Hallyday est écouté à Abidjan tandis que Burna Boy remplit le Stade de France ; le sport, et bien d'autres. Elle interroge aussi nos modes de consommation à travers des jouets en récupération, des pneus recyclés, des sandales « en attendant » et la prestigieuse collection Dior Cruise 2020 réalisée en collaboration avec Anne Grosfilley.

Artisanat et art, une frontière fragile

L'exposition questionne la frontière entre artisanat et art, notamment à travers des créations de broderie, teinture, perlage, ainsi que des masques Gélédé du Bénin et des poulies de métiers à tisser de Côte d'Ivoire. Elle montre que l'art, qu'il soit naïf, populaire ou contemporain, n'a pas de frontières.

L'appartement réenchanté

Une surprise attend les visiteurs : l'ouverture exceptionnelle de l'ancien appartement des conservateurs au cœur du Château Sainte-Hélène (sur réservation jusqu'au 20 septembre). De la salle à manger « à boire et à manger » à la chambre Africa Erotica, où flottent des parfums d'encens et des « bétios » (pagnes de séduction), le visiteur plonge dans l'intimité des cultures. Des objets mystérieux comme une écorce battue de Côte d'Ivoire ou des perles ghanéennes fondues à partir de bouteilles de Guinness sont exposés.

Frédérique Olivier-Gori, directrice du musée, se réjouit de ce décloisonnement des arts. L'exposition dialogue avec le fonds permanent du musée, rappelant qu'Anatole Jakovsky chérissait les objets populaires, des matriochkas aux jouets d'enfants.

Informations pratiques : « Africa Pop » au Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky à Nice, jusqu'au 18 octobre 2026. Ouvert tous les jours sauf mardi, de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h30. Renseignements au 04.93.71.78.33.

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