Quai Voltaire propose une nouvelle traduction du texte fondateur d'Eduardo Halfon, « Saturne », qui l'a révélé en 2003. Ce roman marquait l'entrée en littérature de l'un des grands prosateurs de notre temps. Eduardo Halfon s'y illustrait en signant une terrible et magnifique lettre au père.
Une lettre au père tyran
Celle d'un fils aîné ayant le malheur de ne pas devenir ingénieur ou avocat, porté par sa vocation littéraire. Un fils qui a grandi dans le silence, souffrant de l'absence et de l'indifférence d'un homme dont les missives ne contenaient aucun mot, juste un chèque.
« Plus qu'un père, vous étiez un tyran. À mes yeux, vous possédiez l'énigmatique qualité d'un tyran dont les droits sont fondés, non sur la raison, mais sur la personne », lui lance-t-il.
Les « beaux endormis »
Le fils convoque dans ses pages une série de « beaux endormis » : des écrivaines et écrivains qui mirent fin à leurs jours. Tels Sylvia Plath et Virginia Woolf, Ernest Hemingway et Klaus Mann, en passant par Cesare Pavese. Autant d'êtres meurtris par l'existence dont les œuvres restent pourtant des phares dans la nuit.
« Saturne », d'Eduardo Halfon, traduit de l'espagnol (Guatemala) par David Fauquemberg, éd. Quai Voltaire, 75 p., 12,50 €.



