Aurélie Filippetti : « Il faut des lois anti-concentration dans l’édition »
Filippetti : lois anti-concentration dans l’édition

Dans un entretien accordé à BibliObs, Aurélie Filippetti, ex-ministre de la Culture et écrivaine, s'exprime sur la nécessité d'adopter des lois anti-concentration dans le secteur de l'édition. Face à la domination croissante du groupe Bolloré, elle appelle à un encadrement juridique pour protéger le pluralisme éditorial et la liberté de publication.

Un appel à la régulation

Ancienne locataire de la Rue de Valois sous la présidence de François Hollande, Aurélie Filippetti est également une ancienne députée socialiste de la Moselle et autrice. Elle a fait partie du groupe Hachette, publiant chez Stock et Fayard. Aujourd'hui, elle rejoint le collectif d'auteurs réclamant une « clause de conscience » après l'éviction d'Olivier Nora, PDG de Grasset pendant vingt-six ans, par Vincent Bolloré. Elle défend « une certaine idée de la culture française, de l'édition et des lettres, pensée comme un bien d'intérêt général ».

Réaction au limogeage d'Olivier Nora

Interrogée sur le limogeage d'Olivier Nora et la dénonciation par des centaines d'auteurs d'une prise de contrôle de Grasset par Vincent Bolloré, Filippetti déclare : « Le dernier espace de liberté éditoriale au sein du groupe H... » (propos réservés aux abonnés). Elle insiste sur l'urgence de légiférer pour éviter que quelques groupes ne contrôlent l'ensemble de la production éditoriale, menaçant ainsi la diversité des idées et des voix.

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Des propositions concrètes

L'ancienne ministre propose plusieurs mesures :

  • Renforcement des lois anti-concentration : limiter la part de marché d'un seul groupe dans l'édition.
  • Création d'une clause de conscience pour les auteurs en cas de changement de direction éditoriale.
  • Transparence accrue sur les actionnariats et les décisions éditoriales.

Elle estime que ces dispositions sont essentielles pour préserver la liberté de création et d'expression, valeurs fondamentales de la culture française.

Un enjeu démocratique

Pour Filippetti, la concentration dans l'édition n'est pas seulement un problème économique, mais un enjeu démocratique. « Quand quelques milliardaires contrôlent ce qui s'écrit et se publie, c'est la liberté d'opinion qui est en jeu », avertit-elle. Elle appelle les pouvoirs publics à agir rapidement, avant que les dégâts ne soient irréversibles.

Cet entretien, publié le 22 avril 2026, a été recueilli par Sylvain Courage. Il s'inscrit dans un débat plus large sur la concentration des médias et de l'édition en France, qui suscite des inquiétudes croissantes parmi les intellectuels et les professionnels du secteur.

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