Dans son nouveau roman Les derniers jours de l’apesanteur, Fabrice Caro revisite l’année du bac à la fin des années 80 avec humour et tendresse. L’auteur héraultais, connu pour sa lucidité décapante, livre une chronique drolatique de cette période charnière.
Une année intemporelle
Le roman se déroule en 1989-1990, l’année où Caro a lui-même passé son bac. “J’avais peur que ça ne parle qu’aux quinquas”, confie-t-il, mais il a réalisé que l’année de terminale est universelle, avec ses exaltations et ses angoisses. Il cite le film Le Péril Jeune de Klapisch, qui se passe en 1975, mais qui lui parle encore aujourd’hui. “C’est la meilleure période de notre vie en même temps que la pire”, explique-t-il, car c’est le passage à l’âge adulte, la fin de l’innocence et de l’apesanteur.
Un anti-héros attendrissant
Le personnage principal, Daniel, vit un chagrin d’amour qui le distrait de ses révisions. Caro le décrit comme “un peu moins looser que mes personnages habituels”, car il n’a que 18 ans. Il ajoute : “Quand je le regarde, ça me rappelle combien à cet âge-là, tout est disproportionné.” Les obsessions de Daniel – les filles, les soirées, la liberté – sont traitées avec tendresse. Pour Caro, ces sentiments excessifs sont “hyper attendrissants” vus de l’âge adulte.
Nostalgie sans amertume
L’auteur précise qu’il n’est pas nostalgique au sens de “c’était mieux avant”. Il aime sa vie actuelle, mais regarde ses années de lycée à Clermont-l’Hérault avec affection. “J’aime regarder en arrière, parce que ça m’émeut”, dit-il. Son obsession est de savoir s’il est resté fidèle à l’enfant qu’il était. “Physiquement, j’ai pris un petit coup, mais dans ma tête, je ne me suis pas trahi”, affirme-t-il avec fierté.
Un œil aiguisé et absurde
Le roman reflète le sens du détail et le goût pour l’absurde de Caro. Il attribue cela à sa timidité : “Le fait d’être en retrait vous rend très observateur.” Il se décrit comme “spectateur plutôt qu’acteur”, ce qui nourrit son écriture. “J’ai une perception un peu tordue de la vie”, avoue-t-il, voyant le décalé et le poétique pour éviter la gravité.
Le stress d’Astérix
Fabcaro (son nom de plume pour Astérix) a achevé le 41e album, qui emmène les Gaulois en Lusitanie, en vente le 23 octobre. Il confie : “Quand je suis plongé dans l’album, ça va, mais quand le livre sort, c’est le stress.” Il espère ne pas se faire éreinter.



