David Cozette : du commentaire sportif à l'aventure hôtelière à Hyères
Pour les amateurs de basket français et européen, David Cozette incarne une voix et des envolées lyriques inimitables. Mais l'ancien journaliste sportif, commentateur pendant trois décennies, a également marqué les esprits sous nos latitudes lorsqu'avec son épouse Sandrine, il a repris l'hôtel Bor, situé à La Capte près de Hyères. Une aventure mouvementée qu'il relate aujourd'hui dans son livre L'hôtel du bord de mer, publié chez City Éditions avec une préface de Denis Brogniart.
Une reconversion audacieuse et risquée
Propriétaire de l'établissement de standing entre 2020 et 2023, David Cozette explique les motivations derrière cette reconversion radicale. « Déjà, pour avoir un souvenir ! Et puis pour raconter cette aventure dans le détail à mes amis, à ma famille », confie-t-il. Il souligne également que cette volonté de changement de vie à 50 ans est bien réelle, même lorsqu'elle s'oriente vers un domaine aussi exigeant que l'hôtellerie-restauration, qu'il ne maîtrisait pas du tout.
Le journaliste reconnaît que ce choix n'était pas mûrement réfléchi. « Pas du tout ! Et aujourd'hui, je me dis qu'il fallait une bonne dose de courage ou d'inconscience pour se lancer là-dedans sans aucune expérience ! » ajoute-t-il. Le risque financier était considérable, puisque leur apport représentait l'intégralité de leur patrimoine. Pour résumer cette prise de risque, il utilise une métaphore de poker : « J'ai fait all in avec un 7 et un 2 ».
Des défis imprévus et un burn-out en pleine saison
L'aventure a rapidement pris un tour difficile avec la pandémie de Covid-19. « Avec la pandémie, on nous a dit au bout de trois jours qu'il fallait fermer. C'était irréel », se souvient David Cozette. Mais au-delà de cette épreuve, d'autres obstacles sont venus s'accumuler : des difficultés de financement avec les banques, des soucis familiaux et des problèmes de recrutement.
Le pire moment reste cependant l'épuisement du premier été. « Avec le déconfinement, on s'est retrouvé à faire face à un 15 août tous les jours, avec une équipe jeune, inexpérimentée et incomplète », explique-t-il. Gérant de multiples problèmes, dormant cinq heures par nuit et travaillant sept jours sur sept, il a fini par atteindre ses limites. « Résultat de tout ce stress et de cette fatigue extrême : j'ai fini vidé psychologiquement. Je ne parvenais littéralement plus à me lever de mon lit ». Sa femme Sandrine, décrite comme un soutien incroyable, l'a vu en extrême souffrance durant ce burn-out survenu en pleine saison.
Des souvenirs lumineux malgré les épreuves
Malgré ces difficultés, David Cozette conserve de nombreux souvenirs positifs de cette période. « J'avais dit à ma femme : “Tu verras, quand on reparlera de cet épisode de notre vie, on ne se rappellera que des belles choses.” Elle ne me croyait pas. Eh bien, c'est le cas aujourd'hui », affirme-t-il. L'hôtel Bor, situé dans un cadre idyllique, offrait des moments privilégiés. « Le matin, après avoir été chercher le pain, je commençais ma journée par un café en bord de mer. Mon bureau, c'était la terrasse avec vue sur Brégançon et Porquerolles. Je peux vous dire que pour un Parisien, ça fait bizarre ! ».
Il évoque également les formidables aventures humaines vécues avec l'équipe de l'établissement et la richesse des contacts avec les clients, qu'ils soient habitués ou VIP. Cette expérience lui a permis de découvrir qu'il avait une âme d'entrepreneur, avec ce côté idée fixe qui le portait jour et nuit malgré les obstacles.
Un regard rétrospectif et de nouveaux projets
Interrogé sur la possibilité de revivre cette aventure, David Cozette répond avec franchise. « Si nous avions su en amont les souffrances auxquelles nous allions être confrontées, jamais nous ne nous serions lancés ». Cependant, avec le recul, il se déclare heureux et fier d'avoir vécu cette expérience complètement dingue. « C'est la vraie vie, avec des vraies gens », souligne-t-il, tout en reconnaissant avoir adoré sa vie de journaliste sportif, où il n'avait pas l'impression de travailler.
Contre toute attente, l'ancien hôtelier s'est même repiqué au jeu. « Je m'étais promis de ne pas revenir dans la restauration, entre autres à cause des difficultés à recruter. Mais depuis octobre, j'ai pris la direction du restaurant L'île, à Issy-les-Moulineaux », révèle-t-il. Avec 90 salariés et 600 couverts par service, ce nouveau défi semble répondre à son besoin d'aventure entrepreneuriale. La famille Cozette conserve par ailleurs des attaches dans le Var, avec une maison à Carqueiranne où tous se retrouvent régulièrement.



