Sadeck Berrabah présente 'Level 2' de 'Murmuration' à Montpellier
Après le succès retentissant de Murmuration il y a deux ans, le chorégraphe Sadeck Berrabah revient sur scène avec Level 2, une version enrichie et approfondie de son spectacle emblématique. Présenté au Zénith Sud de Montpellier, ce nouveau volet naît de frustrations artistiques et des retours enthousiastes du public, offrant une expérience immersive renouvelée.
Une évolution artistique marquée
Dans une interview exclusive, Sadeck Berrabah explique les motivations derrière cette création. "Lors du premier spectacle, je n'ai eu que 18 jours pour le créer. La phase d'auditions était très intense : plus de 700 danseurs en trois jours. J'avais écrit quelque chose de très précis, mais avec autant d'interprètes, les contraintes sont fortes, notamment financières. Je n'ai donc pas pu aller au bout de toutes mes idées", confie-t-il.
Au cours des deux années qui ont suivi, les danseurs ont mûri et mieux saisi le concept de murmuration. De son côté, le chorégraphe a continué à développer des tableaux et à explorer des pistes laissées en suspens. Level 2 est ainsi le fruit de cette maturation collective, combinant frustration créative et inspiration tirée des réactions du public.
Des innovations techniques et chorégraphiques
Ce nouveau spectacle conserve l'intention pédagogique et immersive de l'original, tout en introduisant des éléments novateurs. Les musiques, toujours composées avec son frère, sont plus intenses et travaillées. Les chorégraphies gagnent en complexité, avec l'ajout d'accessoires, de lumières et d'un dispositif visuel interactif conçu avec un motion designer.
"Tout est fait à la main, sans IA, et les visuels interagissent directement avec les mouvements des danseurs. Par exemple, lorsque j'utilise les avant-bras comme des lignes, des tracés apparaissent à l'écran en parfaite synchronisation", détaille Sadeck Berrabah. Cette approche manuelle souligne l'importance de l'artisanat dans sa création.
Une esthétique géométrique inspirante
Le travail du chorégraphe repose sur une esthétique géométrique distinctive. "J'utilise la géométrie du corps humain. Il faut imaginer être à l'intérieur d'un Rubik's Cube, avec des lignes horizontales, verticales, des points qui se croisent", explique-t-il. Chaque danseur possède son propre cube, et leur connexion crée de nouvelles formes, dessinant des figures à deux ou composant de véritables tableaux à quarante.
Les avant-bras jouent un rôle essentiel, servant de lignes directrices. Cette inspiration première du dessin se traduit par des chorégraphies qui mêlent hip-hop, arts martiaux, musique classique et électro, reflet des influences éclectiques de l'artiste.
La magie de la synchronisation humaine
Diriger près de 50 danseurs relève d'un équilibre délicat entre rigueur et imprévisible. "Je me méfie du mot contrôle. Il y a évidemment de la rigueur et une grande discipline. Mais il y a aussi une part d'imprévisible. Chaque danseur est différent, et certaines choses se créent naturellement, notamment dans l'énergie. C'est ce qui rend le spectacle vivant", souligne Sadeck Berrabah.
La synchronisation va de pair avec la technique, nécessitant une compréhension approfondie du concept avant son exécution. Les répétitions, comparées à un mantra, permettent d'atteindre cette harmonie collective.
Le message universel de la murmuration
La fascination de Sadeck Berrabah pour les murmurations d'oiseaux réside dans leur capacité à transformer des individus en formes collectives spectaculaires. "Quand on zoome, on voit des individus. Quand on dézoome, on découvre des formes incroyables, des vagues dans le ciel. C'est cette transformation que j'ai voulu recréer avec des corps humains", affirme-t-il.
Ce spectacle revêt une dimension personnelle pour le chorégraphe gardois, qui se produit presque à domicile. "C'est extraordinaire. J'ai tous mes amis, ma famille. On joue parfois dans des endroits où on ne connaît personne. C'est toujours accueillant, mais quand on est entouré de sa famille, c'est plus simple, plus décontracté".
Un moment de partage avec le public
Sadeck Berrabah insiste sur l'importance de son apparition en fin de spectacle. "Comme c'est une explication du concept de murmuration, vers la fin je prends le micro, j'allume la salle et je partage avec le public. Après la théorie, il y a la pratique : j'apprends une chorégraphie au public. C'est là que je découvre ce public".
Ce moment de connexion incarne le message profond de Murmuration : "Il y a tous les âges, toutes les couleurs, toutes les origines, toutes les religions. C'est le message de murmuration : on se fout de qui tu es. On est tous des êtres humains avant tout. Quand on se connecte, on peut faire des choses magnifiques ensemble".
Informations pratiques
Le spectacle Level 2 de Murmuration sera présenté le dimanche 26 avril à 15 heures au Zénith Sud, situé au 2 733 avenue Albert Einstein à Montpellier. Les tarifs varient de 39 à 79 euros, offrant une expérience unique alliant art, technologie et humanité.



