Farruquito, héritier flamenco, dévoile sa passion avant son récital à Bayonne
Farruquito, maître du flamenco, en interview avant Bayonne

Farruquito, le maître flamenco, se confie avant son passage à Bayonne

Héritier direct de la légendaire lignée flamenca des Farruco, Farruquito est unanimement considéré comme l'un des plus grands maîtres contemporains du flamenco. Il montera sur la scène de Lauga, à Bayonne, le dimanche 26 avril prochain, pour un récital de baile attendu avec ferveur.

« Le Capitaine » : une figure emblématique de la danse

Surnommé « Le Capitaine », Farruquito, de son vrai nom Juan Manuel Fernández Montoya, incarne l'une des figures les plus prestigieuses et respectées du flamenco mondial. Son style se distingue par une force expressive rare, une passion débordante et une virtuosité technique exceptionnelle, qu'il manifeste dans chacun de ses pas et mouvements.

Depuis sa ville natale de Séville, l'artiste a accordé un entretien exclusif avant sa venue à Bayonne, dans le cadre de Lauga côté scène. Il y révèle sa philosophie artistique, profondément ancrée dans la tradition familiale.

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Une transmission familiale et une quête perpétuelle

On vous présente souvent comme l'un des plus grands danseurs de flamenco de tous les temps. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

« Quand on me dit cela, je le reçois avec un immense respect et un grand sens des responsabilités. En flamenco, il n'y a pas de but, seulement des chemins. J'apprends et je cherche chaque jour. Ce qui m'inspire, c'est ma famille, mes aînés et l'engagement d'être authentique dans ma performance sur scène. »

Dans votre famille, le flamenco se transmet de génération en génération à un très haut niveau, de votre grand-père à votre fils aujourd'hui : comment expliquez-vous cela ?

« Chez moi, le flamenco ne s'apprend pas, il se vit. Dès mon plus jeune âge, j'ai vu mon grand-père, mes parents, mes oncles… et ce n'est pas qu'une question de technique, c'est une façon d'appréhender la vie. Je crois que cette tradition se transmet parce qu'elle repose sur la vérité, l'amour et une discipline rigoureuse. »

Le flamenco, une vocation incontournable

Auriez-vous pu exercer un autre métier que celui de danseur de flamenco ?

« Honnêtement, non. Je n'ai pas choisi le flamenco, c'est le flamenco qui m'a choisi. J'étais sur scène dès mon plus jeune âge et je n'ai jamais envisagé autre chose. C'est ma façon de m'exprimer, de respirer. »

D'où vient ce surnom de « Capitaine » ?

« C'est mon grand-père Farruco qui me l'a donné. C'est affectueux, une façon familière de s'adresser à moi. Parfois, les surnoms apparaissent spontanément et restent. »

Un art unique et des racines essentielles

Vous dites qu'il n'existe pas différents styles de flamenco, qu'il n'y en a qu'un. Qu'entendez-vous par là ?

« Pour moi, le flamenco est unique. Chaque artiste a sa propre personnalité, sa propre façon de s'exprimer mais la racine est la même. S'éloigner de cette vérité, c'est s'éloigner de l'art lui-même. L'important est de respecter les origines et de construire à partir de là. »

Comment caractériseriez-vous votre style de flamenco ?

« Mon style est très personnel mais il est fortement influencé par la tradition. J'essaie d'être fidèle à ce que j'ai reçu, tout en laissant transparaître ma personnalité. C'est un équilibre entre mon expérience et mes aspirations. »

Un public français particulièrement réceptif

Vous voyagez à travers le monde. Trouvez-vous que le public du Sud-Ouest de la France – Mont-de-Marsan, Saint-Jean-de-Luz et maintenant Bayonne – vous réserve un accueil particulier ?

« Oui, absolument. Le public du Sud-Ouest a une sensibilité particulière au flamenco. Il m'a toujours accueilli avec beaucoup d'affection et de respect. Il y a un silence différent, une attention très profonde et c'est très important pour un artiste. »

Si vous deviez convaincre un novice de venir vous voir à Bayonne, que lui diriez-vous ?

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« Je lui dirais de venir le cœur ouvert. Le flamenco n'est pas quelque chose à comprendre, c'est quelque chose à ressentir. Et s'il vient nous voir, il verra quelque chose de sincère, sans artifice, quelque chose qui naît de l'instant et qui est irremplaçable. »

Informations pratiques pour le spectacle

Pratique : Farruquito, récital de baile, aura lieu le dimanche 26 avril, à 17 heures, à Lauga, Bayonne. La production est assurée par Le Plato. Les tarifs pour les places numérotées varient de 20 euros à 40 euros. Les billets Carte Déclic et ceux pour enfants sont exclusivement en vente à l'office de tourisme, sur présentation de la carte correspondante.