Ce vendredi 26 juin à 23h30, RTL9 diffuse « Starship Troopers », le film de science-fiction de Paul Verhoeven sorti en 1997. Loin d'être un simple divertissement, cette œuvre mêle action spectaculaire et satire politique acerbe, dénonçant le militarisme, la propagande et l'hégémonie américaine.
Une anticipation de l'idéologie MAGA
Dès sa sortie, le film frappait par son outrance et son ironie mordante. Trente ans plus tard, « Starship Troopers » semble moins une satire qu'une anticipation de l'idéologie MAGA, selon Stéphane du Mesnildot. Verhoeven y décrit une société divisée entre militaires et civils, où la propagande constante via télévision et internet justifie des guerres permanentes et génocidaires.
Le réalisateur, surnommé le « Hollandais violent », s'était déjà attaqué aux fantasmes sécuritaires avec « RoboCop ». Avec « Starship Troopers », il pousse le curseur plus loin, adaptant un roman belliciste des années 1950 en réponse à « Top Gun » et à ses bureaux de recrutement dans les cinémas.
La déshumanisation de l'ennemi
La planète Klendathu, rocheuse et désertique, où les recrues partent « casser de l'araignée géante », évoque clairement la première guerre du Golfe. Verhoeven pointe la déshumanisation de l'ennemi, commune à tous les conflits. Les arachnides ne sont pas de simples insectes : ils sont capables de stratégie et sont attaqués sur leur propre territoire.
Le héros, Johnny Rico (Casper Van Dien), voit ses compagnons d'armes découpés en morceaux mais monte en grade, toujours plus belliqueux, sans jamais remettre en question la légitimité de son combat. Le cinéaste joue cartes sur table : lorsque Rico retrouve Carl, son camarade d'université devenu haut gradé, ce dernier dévoile le vrai visage de cette société. Médium froid et puissant, il utilise la peur pour mettre sous emprise les cerveaux, humains ou extraterrestres.
Un costume qui en dit long
Le symbole de cette domination par la terreur est le costume de Carl : une casquette noire et une longue gabardine en cuir. Stéphane du Mesnildot note que Gregory Bovino, responsable de l'ICE sous Trump, arbore un accoutrement similaire évoquant l'imagerie nazie. « Starship Troopers n'a vraiment pas pris une ride, et c'est bien ça le pire », conclut-il.
Avec une durée de 2h09, le film met en scène Casper Van Dien, Seth Gilliam et une distribution talentueuse. Verhoeven livre une œuvre qui, sous ses airs de blockbuster, reste une critique virulente du militarisme et de la propagande.



