Coulisses de la sélection Canneseries 2026 : critères et tendances
Sélection Canneseries 2026 : critères et tendances dévoilés

Comment Canneseries sélectionne-t-elle ses séries ?

Organiser un festival de séries implique des choix difficiles. Pour Canneseries, qui se déroulera du 23 au 28 avril 2026 à Cannes, l'équipe doit sélectionner 19 séries en compétition parmi de nombreuses propositions. Albin Lewi, directeur artistique, Claire-Marine Pietriga, directrice artistique adjointe, et Théophile Meyniel, responsable des séries courtes et coordinateur de programmation, expliquent leur méthode.

Un processus de sélection rigoureux

Contrairement au Festival de Cannes qui reçoit plus de 2500 films, Canneseries traite un volume moins important mais tout aussi exigeant. La sélection repose sur un comité de professionnels et de sériephiles. « C'est un processus fluide, on est aidé par un comité de sélection composé de professionnels, de sériephiles, ils ont des typologies, des goûts, des avis et quand quelque chose accroche l'œil, on reçoit une alerte », analyse Albin Lewi. Ensuite, l'équipe visionne le projet et débat. « Il y a parfois des conversations agitées car on a privilégié une sélection restreinte, avec peu de place, on est donc très sélectif. »

Le festival n'a jamais voulu ouvrir sa compétition à des sous-sections ou des genres. « Il faut se faire confiance avant tout, poursuit Claire-Marine Pietriga. Il faut parfois mettre de côté ce que l'on ressent personnellement. J'aime à penser que l'on a de plus en plus des goûts de programmateurs. Il y a des projets qui ne vous touchent pas forcément mais vous avez la conviction que le public ne doit pas passer à côté. »

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Des tendances face à la crise

Dans un secteur en crise, touché par des réductions budgétaires et des fusions, les projets sont moins nombreux. Mais des tendances se dégagent. « Les Belges, les Scandinaves et les Espagnols aujourd'hui, ont toujours su produire avec moins, c'est un peu de l'artisanat alors ils ne sont pas surpris de l'évolution actuelle et ils ont déjà cette capacité à être exigeants et performants dans une économie en crise », explique Claire-Marine Pietriga. Ce n'est pas un hasard si la compétition officielle comporte quatre projets scandinaves et deux séries espagnoles.

« Les Allemands puis les Danois ont déjà été victimes de cette crise économique, on l'a ressenti dans les projets qui ont été, subitement, moins nombreux », précise Albin Lewi. L'équipe technique affirme qu'il n'y a pas de quotas de territoires ou de genres. « On veut que le panorama proposé soit le plus large possible, qu'il reflète la diversité du monde actuel », ajoute Théophile Meyniel.

Innovations et formats émergents

La diversité se retrouve aussi dans les formats avec l'arrivée de l'intelligence artificielle. Bien employée, elle peut être un vrai plus, comme dans la série française Paradoxes, en compétition dans le format court et portée par Xavier Lacaille et Zita Hanrot. La narration évolue également. « P*tain de soirée de Roman Doduik est le premier projet français à avoir une narration verticale, adaptée au jeune public et capable de proposer autre chose, cela fait partie des innovations récentes que l'on doit intégrer quand on fait notre sélection », précise Claire-Marine Pietriga.

Perspectives d'avenir

Et pour la suite ? « On aimerait avoir une série d'animation pour adultes en compétition officielle, c'est une case que l'on n'a pas encore cochée », conclut-elle. Une piste à creuser pour la dixième édition, prévue en 2027.

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