Un film choc récompensé à Cannes
Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, Sirāt d'Oliver Laxe s'impose comme le film choc de cette rentrée, voire de l'année. Avec une profondeur inversement proportionnelle à la simplicité de son histoire, cette œuvre transporte le spectateur dans une aventure viscérale et mentale d'une puissance exceptionnelle.
Une quête désespérée au cœur d'une free party
Le film met en scène Luis et son fils Esteban, interprétés par Sergi López et un jeune acteur. Ils plongent au milieu d'une free party dans le sud du Maroc, à la recherche de Mara, la fille aînée disparue depuis des mois. La musique, signée Kangding Ray, récompensée du Prix Cannes Soundtrack, mêle acidcore et trance, créant une atmosphère électrique. Mais personne n'a vu Mara. Le père et le fils rencontrent un groupe de marginaux franco-espagnols, des rebelles cabossés mais solidaires, qui leur parlent d'une autre fête plus au sud. Alors que les soldats débarquent, Luis et Esteban fuient avec leur monospace, suivant la bande en camion. À la radio, la rumeur d'une guerre imminente se fait insistante.
Une fuite aux accents mythologiques
Dès que cette caravane de desperados s'élance dans l'inconnu, le récit se réduit à l'essentiel : une épure mythologique. Il s'agit de quitter le chaos, traverser les dangers, surmonter les épreuves, et avancer vers un possible lendemain. Sirāt évoque un croisement génial entre la brutalité de Mad Max, l'aventure physique de Sorcerer, l'expédition hallucinée d'Aguirre et le voyage métaphysique de Stalker. Pourtant, le film s'impose sans référence écrasante, offrant une expérience de cinéma totale et extrême.
Une expérience sensorielle bouleversante
Visuellement, musicalement, émotionnellement, physiquement, spirituellement, Sirāt fait mal et du bien à la fois. Il secoue tous les sens, laissant le spectateur en vrac, éclaté mais aussi éclairé. Une promesse tenue.



