La corrida de la feria d'Alès, qui s'est déroulée le samedi 16 mai dans les arènes du Tempéras, a offert un spectacle de qualité, porté par la prestation du matador espagnol Sanchez Vara. Face à des toros des ganaderias Curé de Valverde et Margé, il a dominé les débats, éclipsant ses deux confrères, Carlos Olsina et El Rafi. Retour en images sur une journée espagnole qui a tenu ses promesses, sans pour autant atteindre des sommets.
Sanchez Vara, le chef de lidia au sommet de son art
Dès son entrée en piste, vêtu d'une tenue de lumière rose parsemée d'or, Sanchez Vara a imposé son expérience. Face à un premier toro Curé de Valverde de 515 kg, puissant et coriace, il a fait preuve d'une audace remarquable. Après un tercio de banderilles bien exécuté en collaboration avec El Rafi, l'Espagnol a entamé une faena mémorable. À genou d'abord, il a ensuite entraîné la bête dans une valse endiablée, sous les airs de la musique. Sa gestuelle, précise et élégante, a culminé lorsqu'il a posé une main sur la croupe du toro de cinq ans et demi. Malgré une prestation de haute volée, il est reparti bredouille de ce premier combat, l'oreille non accordée. Il a néanmoins effectué une vuelta honorifique, salué par les applaudissements du public.
Pour sa seconde lidia, face à un Margé de près de cinq ans, Sanchez Vara a récidivé avec la même majesté. Il a salué le toro genou à terre, puis a déroulé une faena envoûtante, ponctuée par la musique. Cette fois, la présidence a récompensé son talent en lui accordant une oreille, bien méritée. L'Espagnol, habitué des arènes d'Alès, a une fois de plus démontré pourquoi il est considéré comme un maître de la tauromachie, se sentant visiblement chez lui sur le sable cévenol.
Carlos Olsina : un premier acte prometteur, un second décevant
Le Biterrois Carlos Olsina, triomphateur de l'édition précédente, a connu un parcours en dents de scie. Son premier combat, face à un Margé tonique, a été d'une grande qualité. Malgré un début difficile où le toro a failli lui arracher sa capote, Olsina a su redresser la barre. Sa faena, limpide et stylée, a fait danser le bovin autour de lui, sous les airs de la peña. Il a conclu par une estocade parfaite, envoyant le toro rejoindre ses ancêtres. Le public, conquis, a réclamé une oreille, qui lui a été accordée. Cependant, la présidence a refusé la seconde, malgré l'insistance d'une partie des gradins.
La suite de l'aventure fut moins glorieuse. Le second toro, un Curé de Valverde vif et agressif, a bousculé Olsina dès les premiers échanges, l'obligeant à un sprint pour éviter une blessure. Ce bovin, difficile à appréhender, a marqué le pas, rendant la faena laborieuse. Malgré quelques beaux enchaînements, le manque de fluidité était évident. L'épilogue fut encore plus pénible : un descabello interminable, qui a viré à la boucherie. Olsina est reparti bredouille de ce second duel, laissant un goût d'inachevé.
El Rafi : une journée à oublier
Le Nîmois El Rafi, vêtu de bleu pétrole, n'a pas réussi à briller. Pour sa première lidia, il a hérité du toro le moins facile, un Curé petit mais trapu, qui a ignoré le picador et chargé mollement. Ce comportement a contraint le matador à un tercio de mort sans fluidité, sans aucune note de musique pour l'accompagner. Le second combat, face à un Margé de belle prestance, n'a guère été plus réussi. El Rafi a certes réussi à le faire tournoyer autour de lui, mais ses efforts n'ont pas suffi à produire une faena convaincante. Il est reparti bredouille, laissant un souvenir mitigé au Tempéras.
En conclusion, cette corrida du 16 mai a mis en lumière la supériorité de Sanchez Vara, qui continue de régner sur les arènes d'Alès. Carlos Olsina, après un premier acte prometteur, a déçu, tandis qu'El Rafi n'a jamais réussi à s'imposer. Un spectacle inégal, mais qui a su captiver les aficionados présents.



