"Première ligne" : une journée à la plage algéroise vue par Merzak Allouache
"Première ligne" : plage algéroise par Merzak Allouache

"Première ligne" : une journée à la plage de l’autre côté de la mer, comme on ne l’avait jamais vue au cinéma !

Il s’en passe des choses quand on reste toute une journée sur la plage en famille ! Les Films des deux rives Cinéma, Actu ciné, Culture et loisirs Publié le 22/04/2026 à 11:23 Article rédigé par Jérémy Bernède Midi Libre

Énorme succès en Algérie, Première ligne, le 19e long métrage du prolifique maître du cinéma algérien, Merzak Allouache, raconte une journée haute en couleur à la plage d’El Djamila à Alger. Depuis la plage, il n’y a pas que l’horizon que l’on peut observer à loisir, mais tout un monde, toute une société.

C’est la chouette idée de Merzak Allouache pour son 19e long métrage en salle ce mercredi 22 avril : Première ligne. Il nous invite à suivre les Bouderbala, une famille nombreuse algéroise, dès potron-minet : ils se lèvent aux aurores pour être assurés d’être les premiers sur la plage d’El Djamila, et ainsi pouvoir s’installer au premier rang, au bord de la grande bleue, avec une vue imprenable sur l’horizon estivale. C’est déjà toute une aventure de mettre en branle la famille, les plus jeunes qui courent partout, les grands qui ont d’autres désirs, mais la matriarche Bouderbala sait ce qu’elle veut, et elle l’obtient.

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C’est parti pour une journée de tout repos, enfin, plus ou moins, car il s’agit déjà de se lancer d’emblée dans la préparation du repas du midi, et il faut aussi se faire respecter car à mesure que la plage se remplit, la pression pour la première ligne augmente. Mais voilà que débarque la famille Kadouri, leurs voisins, plus aisés, et les plagistes, sans vergogne, les placent devant eux, au raz de l’eau, en première première ligne ! Cela ne va pas se passer comme ça !

La plage, microcosme algérois

Observateur attentif de la société algérienne depuis son premier long métrage, Omar Gatlato, en 1976, Merzak Allouache avait posé sa caméra il y a une douzaine d’années sur les toits-terrasses d’Alger pour prendre le pouls de son pays. Cette fois, c’est donc la plage, un espace léger de prime abord, mais qui à bien observer comme il fait, concentre un peu tout, des attentes et des difficultés, de l’Algérie.

Sur un ton de comédie de mœurs à l’italienne, Première ligne nous immerge dans l’ambiance balnéaire, les mômes qui courent partout, les femmes qui cuisinent, les grands qui friment, les petites incivilités, les grands éclats de rire et de flotte, les ragots, les conversations sentimentales… Et sans ostentation, au fil de scènes cocasses et d’instants truculents, sont abordés des sujets aussi costauds que la corruption ordinaire, les injustices faites aux femmes, les pesanteurs familiales, les inerties sociales et religieuses, le manque de perspectives pour la jeunesse, le désenchantement généralisé, la lancinante tentation de l’exil…

Ainsi, au bord de l’eau, sous le soleil algérois, aura-t-on passé un chouette moment, et ne sera-t-on pas reparti juste un peu plus bronzé, mais éclairé, l’air de rien, l’air marin…

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