Obsession : l'Elevated Horror revisité par Curry Barker
Obsession : l'Elevated Horror revisité par Curry Barker

Bienvenue au pays de ce qu'on appelle l'« Elevated Horror », un genre qui mêle angoisse intellectuelle et effets gores. The Substance de Coralie Fargeat, Titane de Julia Ducournau et Midsommar d'Ari Aster en sont des exemples récents. Obsession de Curry Barker entre dans cette catégorie par la grande porte.

Un vœu qui tourne au cauchemar

Un brave garçon, mou comme un ravioli sans farce, fait le vœu que la femme de ses rêves ne vive plus que par lui. Il est exaucé au-delà de ses souhaits. « Qu'on soit obnubilé par une personne ou par quoi que ce soit d'autre, le fait d'être totalement habité par quelqu'un ou quelque chose m'a toujours fasciné, et le cinéma d'horreur m'a semblé être le genre idéal pour en parler », signale le cinéaste. Trop, c'est trop quand sa belle obsédée exige qu'il lui rende la pareille et se montre brutale quand il ne lui obéit pas.

Un début laborieux mais payant

Le début est un brin laborieux, comme souvent dans l'Elevated Horror où le rythme passe après les explications psychologiques. On n'est pas venu que pour flipper : il faut comprendre pourquoi et comment. Le spectateur est largement payé de sa patience quand l'intrigue prend sa vitesse de croisière. Curry Barker recycle un concept vu et revu – le vœu qui devient un piège – avec une belle énergie. « Je l'ai ancré dans le monde réel, en renversant les codes pour raconter une histoire résolument nouvelle », précise-t-il.

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Des interprètes remarquables

Une grande partie du succès vient des interprètes. Michael Johnston incarne un prétendant qu'on a envie de secouer tant il manque de tonus. Mais on a surtout un faible pour l'épatante Inde Navarette, objet de désir qui prend les choses en mains, provoquant un festival de scènes embarrassantes ou sanglantes. Son sourire glaçant et énamouré est vraiment terrifiant.

Un retournement de situation efficace

La bonne idée est d'avoir retourné la situation en faisant du geek timide la victime de ses fantasmes, puis en s'attaquant au héros responsable de tous ces malheurs. Le jeune homme n'a pas pensé au consentement de celle qu'il aime et il en paye le prix fort, l'entraînant dans un enfer dont ils souffrent tous les deux. Ce message est soutenu par une mise en scène efficace qui finit par donner la part belle à l'action. « J'aimerais que les gens, en quittant la projection, continuent de parler du film – qu'ils expriment ce qu'ils en ont pensé, comment ils auraient réagi à la place du protagoniste », dit Curry Barker. Il parvient aisément à son but avec Obsession, qui marque ses débuts dans le long métrage après l'intrigant The Chair, un court métrage cumulant plus de neuf millions de vues sur YouTube.

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