«Noise» : le bruit de leurs entrailles au cinéma
«Noise» : le bruit de leurs entrailles

Le documentaire «Noise», réalisé par Stéphane Hueber-Blies et Nicolas Blandin, plonge les spectateurs dans l'univers sonore sous-marin pour dénoncer une pollution invisible mais dévastatrice : le bruit d'origine humaine. Présenté en avant-première au Festival de la Rochelle, le film met en lumière les conséquences désastreuses des activités humaines sur les cétacés et autres espèces marines.

Un constat alarmant sur la pollution sonore

Selon les réalisateurs, le niveau sonore des océans a augmenté de 3,3 décibels par décennie depuis les années 1960, principalement à cause du trafic maritime, des sonars militaires et des explorations pétrolières. Ce bruit constant perturbe la communication, la navigation et la reproduction des mammifères marins, qui dépendent du son pour survivre. Le documentaire suit plusieurs scientifiques, dont le biologiste Michel André, directeur du laboratoire d'application bioacoustique de l'université Polytechnique de Catalogne, qui explique : «Le bruit sous-marin est une forme de torture pour ces animaux. Ils ne peuvent pas y échapper.»

Des témoignages poignants

Le film donne la parole à des chercheurs et des activistes qui documentent les échouages massifs de baleines et de dauphins, souvent liés à des exercices militaires ou à des prospections sismiques. Une scène marquante montre des cétacés désorientés s'échouant sur une plage, incapables de retrouver leur chemin à cause du brouhaha sonore. «Nous avons enregistré des niveaux de bruit équivalents à ceux d'un concert de rock en continu dans certaines zones de l'océan», déclare le chercheur Jérôme Sueur, du Muséum national d'histoire naturelle.

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Vers une prise de conscience ?

«Noise» ne se contente pas de dresser un constat noir : il explore aussi des solutions, comme la réduction de la vitesse des navires ou l'utilisation de technologies plus silencieuses. Le film appelle à une régulation internationale plus stricte, alors que seulement 10 % des océans sont actuellement protégés contre cette pollution. «Si nous n'agissons pas, nous risquons de perdre des espèces entières d'ici 2050», avertit le documentaire.

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