Le cinéaste israélien Nadav Lapid a annoncé son retrait du festival international du cinéma FID Marseille après des appels au boycott et le retrait d'une dizaine de réalisateurs protestant contre sa présence à l'événement, a indiqué à l'AFP, lundi 8 juin 2026, sa directrice.
Un cinéaste critique envers Israël
Installé en France depuis plusieurs années, Nadav Lapid se montre très critique de l'évolution de la société israélienne, du Premier ministre Benyamin Netanyahou et de la guerre meurtrière lancée à Gaza, après les attaques sanglantes du Hamas palestinien le 7 octobre 2023.
Participation au jury annulée
Outre la projection d'une de ses œuvres – Le Policier – et une rencontre autour de son livre, Nadav Lapid devait initialement participer au jury de la 37e édition du FID Marseille (7 au 12 juillet 2026), festival qui promeut fictions et documentaires du cinéma indépendant. Interrogé par le quotidien Le Monde, Nadav Lapid dit avoir consenti à se retirer pour ne pas mettre en difficulté le festival. Même s'il estime que les organisateurs « auraient dû assumer un peu leur rôle dans un moment pareil. »
Calmer les esprits
Contactée par l'AFP, la directrice du FID, Tsveta Dobreva, explique qu'un appel au boycott du festival a été lancé en interne par des cinéastes sélectionnés. « Nous avons décidé avec Nadav Lapid de renoncer au jury et de nous concentrer sur l'essentiel, la projection de son film et la rencontre », indique-t-elle. Dans la foulée, l'appel au boycott s'est élargi pour protester contre la projection du film et la rencontre, indique-t-elle. « C'est à ce moment-là où Nadav Lapid s'est retiré lui-même. »
Un mauvais procès d'intention
« Il est bien sûr parfaitement illégitime de tenir un cinéaste pour responsable ou comptable de la politique raciste, colonialiste et génocidaire menée par le gouvernement de son pays », déplore le FID dans un communiqué. « Les voix singulières qui, comme celle de Nadav Lapid, s'efforcent de penser la violence propre à l'État et à la société d'Israël doivent être au contraire accueillies et écoutées, quitte à ensuite contester ou déconstruire les récits », selon le texte.
Conséquences du boycott
Avec l'appel au boycott, « une dizaine de films » se sont retirés sur les 120 programmés, indique Tsveta Dobreva. « Chacun a le droit de retirer ses films », dit-elle, mais « le FID Marseille est contre le boycott culturel ». Elle rappelle que l'événement est lui-même « un festival politique ». « Qu'un artiste boycotte un artiste, c'est extrêmement violent », regrette-t-elle.



