Gaël Monfils pourrait disputer son dernier match à Roland-Garros ce lundi soir contre Hugo Gaston. Le Français, chouchou du public du Grand Chelem parisien, s'aligne pour la dernière fois de sa carrière dans le tournoi. Avec l'enjeu d'une dernière prise de parole devant son public.
Un au revoir chargé d'émotion
Comment leur dire adieu ? Gaël Monfils attaque sa journée avec en tête que tout n'est peut-être que dernière fois à Roland-Garros lundi. Son ultime sortie sur le Central, où il a laissé tant de souvenirs. Ses derniers coups de raquette sur la terre battue parisienne, 21 ans après sa première apparition dans le tournoi. Et retrouver encore ce public qui vient à la fois voir des adieux et espérer qu'ils soient repoussés.
Sur tout ça, il faudra mettre des mots. Pour dire au revoir, merci, et tout ce qu'on a envie d'y mettre. Un exercice pas simple, car déjà lié à l'incertitude du résultat. Un succès sur son compatriote Hugo Gaston, et on remballe la possible cérémonie protocolaire jusqu'à mercredi et un deuxième tour, voire mieux, même si sa 218e place dans la hiérarchie mondiale laisse penser que le joueur de 39 ans ne va pas s'éterniser.
Un discours improvisé, comme à son habitude
« Je pense que Gaël est d'abord dans la logique d'être performant sur le terrain et de vivre des émotions avec le public, glisse Nicolas Mahut, consultant pour France Télévisions qui a fait ses adieux à la Porte d'Auteuil (Paris XVIe) l'année dernière. Dans tous les cas, tu viens pour laisser une image compétitive, pas juste pour dire au revoir. Mais en parallèle, tu ne peux pas t'empêcher de te dire que des gens vont t'attendre pour ça et tu ne sais pas comment tu réagiras à la fin de ce match si tu es éliminé. »
Le cas de Gaël Monfils est particulier. Le Français, chouchou des lieux, s'est organisé une pré-soirée d'adieux sur le Central, jeudi, avec un paquet de grands noms du circuit. Ce qu'il compte dire aux témoins de sa dernière danse ? « Je ne suis pas quelqu'un qui prévoit les choses, a-t-il balayé samedi en conférence de presse. Je verrai ce que je ressens sur le moment. Je pense que c'est mieux de faire comme ça. »
Chacun son style face au micro
Chacun son style face au micro dans cet exercice. L'an dernier, Rafael Nadal, en costume après la fin effective de sa carrière en novembre 2024, s'est livré en anglais, en espagnol et en français, en prenant bien soin de n'oublier personne dans ses remerciements. En 2022, Jo-Wilfried Tsonga a lu un long texte. Une des autres stars tricolores de ces dernières années, Richard Gasquet, a lui délivré un laïus plus improvisé en 2025.
« J'avais noté deux ou trois trucs en avance, mais je ne voulais pas que ça fasse trop lu, se souvient Nicolas Mahut. Et puis, avec l'émotion, je me suis emmêlé les pinceaux, et j'ai fait un lapsus en parlant de Marcel de Proust (au lieu de madeleine) dans mon discours. Alors ça, on me l'a rappelé pendant des mois après. Heureusement que je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment. »
Une cérémonie pleine de surprises
Car il y a les proches, tout un court qui vous regarde, mais aussi les petites surprises que peut concocter l'organisation du tournoi cornaqué par Amélie Mauresmo. Un petit film bien senti avec des images d'archives, des témoignages poignants d'anciens projetés sur écran géant et une musique larmoyante peuvent faire chavirer un communicant aussi à l'aise et spontané que Gaël Monfils. Ce dernier a déjà été très touché, de son propre aveu, par la lettre de sa compagne Elina Svitolina intitulée « Ton père, le magicien » et adressée à leur fille, Skaï.
« Je pense que ce moment est propre à chacun, souligne Nicolas Mahut. Il faut savoir être un peu égoïste et se dire que c'est son moment. Ce qui est important, c'est de vivre l'événement. » Et de tout faire pour le repousser à un autre jour.



