« Mikado » : une comédie dramatique bouleversante à découvrir ce soir sur Canal+
Ce vendredi 17 avril 2026 à 21h00, Canal+ Cinéma(s) diffuse « Mikado », un film français réalisé par Baya Kasmi en 2025. Avec une durée de 1h34, cette œuvre met en scène Félix Moati, Vimala Pons et Ramzy Bedia dans des rôles profonds et habités. Disponible également à la demande sur myCANAL, ce long-métrage modeste mais puissant se distingue par son approche humaniste et son exploration des liens familiaux.
Une famille nomade sous le soleil du Midi
Sous le soleil éclatant du Midi, une famille atypique trace sa route dans une camionnette qui lui sert d'habitat. Au cœur de ce petit monde se trouvent Zéphyr, un enfant de 6 ans, et Nuage, un adolescent sensible qui se fond dans le paysage, souvent invisible aux yeux des autres. Les parents, Mikado, interprété par un Félix Moati habité, et Laetitia, jouée par une Vimala Pons à fleur de peau, vivent constamment sur le qui-vive.
Mikado, ancien enfant de la Ddass devenu un père surprotecteur, est convoqué à comparaître devant la justice, une situation qui pèse sur toute la tribu. Cette famille évite soigneusement les rencontres et maintient un profil bas, jusqu'à ce que son chemin croise celui de Vincent, incarné par un Ramzy Bedia à contre-emploi dans le rôle d'un professeur de français. Vincent vit avec sa fille de 16 ans dans une charmante bastide, offrant un contraste saisissant avec le mode de vie nomade de Mikado et sa famille.
La rencontre improbable et les questions existentielles
Une panne automobile réunit ces deux mondes pour quelques jours, au grand dam de Mikado, un personnage qu'il faut aborder avec des pincettes, à l'image de son surnom. Cette rencontre forcée soulève des questions profondes : peut-on vivre heureux à l'écart de la société ? Une éducation marginale est-elle viable ? Baya Kasmi, la réalisatrice, ne cherche pas tant à fournir des réponses définitives qu'à utiliser ces interrogations comme matière première pour un mélodrame lumineux et réconciliateur.
Dans ce film, chaque personnage est aimé pour ce qu'il est, avec ses failles et ses ambiguïtés. On pourrait presque y voir une version méditerranéenne du cinéma du réalisateur japonais Kore-eda, tant l'attention portée aux relations humaines et aux émotions subtiles est palpable. Kasmi, connue pour son goût des personnages libres et amoraux qui interrogent les conventions sociales, signe ici une œuvre plus aboutie formellement que ses précédentes réalisations.
Un cinéma du dialogue et de la résilience
Moins axé sur l'humour que ses comédies coécrites avec Michel Leclerc, comme « Le Nom des gens », « Mikado » privilégie le pouvoir résilient du dialogue et les scènes de conflit larvé. Ces tensions finissent souvent dans le chant ou la danse, créant des moments de grâce cinématographique. La bohème y est présentée comme un rempart au chagrin, magnifiquement illustrée par la présence répétée de « La Rua Madureira », une splendeur musicale de Nino Ferrer.
L'interprétation des acteurs est au diapason, portée par une mise en scène plus tenue que dans les œuvres précédentes de Kasmi. Malgré la violence sociale en toile de fond, le film dépeint un univers où les gens, solidaires de leurs blessures, se parlent et s'écoutent véritablement. C'est cette humanité partagée qui rend « Mikado » si bouleversant et à contre-courant de son époque.
Diffusé ce soir sur Canal+ Cinéma(s), ce film invite à une réflexion profonde sur la famille, la marginalité et les liens qui nous unissent au-delà des différences. Une œuvre à ne pas manquer pour les amateurs de cinéma français sensible et engagé.



