Conflit israélo-palestinien : un collectif marseillais appelle au boycott de Joann Sfar
Marseille : un collectif appelle au boycott de Joann Sfar

Un collectif marseillais a lancé un appel au boycott de l'auteur de bande dessinée Joann Sfar, en raison de ses prises de position jugées favorables à Israël dans le conflit israélo-palestinien. Cette initiative, relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué une vive polémique dans le milieu culturel et au-delà.

Les origines de l'appel au boycott

Le collectif, se présentant comme un groupe de militants pro-palestiniens, a publié un communiqué accusant Joann Sfar de soutenir ce qu'ils appellent une "politique d'apartheid" de la part d'Israël. Ils reprochent notamment à l'artiste d'avoir signé une tribune en 2023 appelant à ne pas confondre antisionisme et antisémitisme, et de s'être exprimé en faveur du droit d'Israël à se défendre après les attaques du 7 octobre.

Le collectif appelle les librairies, bibliothèques et festivals de la région à ne pas inviter Joann Sfar et à ne pas vendre ses ouvrages. Plusieurs structures culturelles marseillaises ont déjà fait part de leur soutien à cette initiative, tandis que d'autres dénoncent une atteinte à la liberté d'expression.

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Les réactions de Joann Sfar

Joann Sfar, auteur de bandes dessinées célèbres comme "Le Chat du rabbin" ou "Klezmer", a réagi sur les réseaux sociaux en dénonçant un "lynchage numérique". Il affirme que ses positions sont souvent mal comprises et qu'il défend une vision humaniste et pacifique du conflit. "Je suis pour la coexistence de deux États, pour la paix et contre toutes les formes de racisme", a-t-il écrit.

L'auteur a également reçu le soutien de plusieurs personnalités du monde de la culture, dont certains éditeurs et confrères, qui dénoncent une dérive dans le débat public où toute critique d'Israël serait devenue suspecte.

Un débat qui dépasse Marseille

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la question israélo-palestinienne dans le monde culturel. Plusieurs artistes et intellectuels ont été pris pour cible ces derniers mois pour leurs positions, que ce soit en France ou à l'international.

À Marseille, la polémique a relancé le débat sur la liberté d'expression et le rôle des artistes dans les conflits politiques. Certains élus locaux ont appelé au dialogue, tandis que d'autres ont pris position pour ou contre le boycott.

Les enjeux pour la bande dessinée

Le milieu de la bande dessinée n'est pas épargné par ces tensions. Plusieurs festivals de BD ont déjà été confrontés à des appels au boycott, comme à Angoulême en 2024. Les organisateurs doivent désormais naviguer entre la volonté de ne pas censurer les auteurs et la pression des militants.

Pour l'instant, Joann Sfar maintient ses engagements et continue de participer à des événements, mais l'avenir de sa présence à Marseille reste incertain. Le collectif promet de nouvelles actions si ses demandes ne sont pas entendues.

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