Hokum : Damian McCarthy livre un film d'horreur ambitieux mais imparfait
Hokum : un film d'horreur ambitieux mais imparfait

Si les blockbusters hollywoodiens continuent de nous consterner, le cinéma d'horreur anglo-saxon vit un réjouissant mini-âge d'or. Des noms comme Zach Cregger, Danny et Michael Philippou, Parker Finn ou l'irlandais Damian McCarthy émergent. À 45 ans, après Caveat (2020) et Oddity (2024), McCarthy présente son projet le plus ambitieux : Hokum.

Un manoir hanté classique mais efficace

Derrière ce mot d'argot américain désignant un boniment, le film propose une bonne vieille histoire de manoir hanté avec fantômes, sorcière et portes qui grincent. On pense à Stephen King en découvrant le héros, mais le film ne remplit pas totalement ses promesses après un parcours sans faute aux deux premiers actes. Heureusement, le défaut est mineur.

Fusion entre réel et imaginaire

Adam Scott incarne Ohm Bauman, un auteur à succès de romans d'épouvante, alcoolique et marqué par la mort violente de sa mère. Il s'installe dans un hôtel perdu en campagne irlandaise pour disperser les cendres de ses parents. Mais l'établissement est inquiétant : une suite abriterait une sorcière. Le soir d'Halloween, la réceptionniste Fiona disparaît. Bauman enquête.

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Dès le prologue, le film envoûte par sa maîtrise des ficelles du genre. La mise en scène joue sur la fusion entre réel et imaginaire, avec des motifs visuels reproduits entre les deux mondes. Un plan de route lézardant à travers la campagne irlandaise évoque Shining. Le rythme est lent mais jamais ennuyeux, installant une atmosphère pesante jusqu'au climax tétanisant.

Trop-plein de pistes

Avec son chef opérateur Colm Hogan, McCarthy compose des plans où le vide et le noir deviennent des menaces. Le montage de Brian Philip Davis alterne tension sourde et déflagrations visuelles. Mais le script se prend les pieds dans le tapis d'un trop-plein de pistes téléphonées. Une intrigue criminelle affaiblit l'impact du surnaturel, et la révélation du trauma de Bauman tombe dans la grosse ficelle psychanalytique.

Cette « concoction alambiquée » empêche Hokum de captiver jusqu'au bout. Son tout reste supérieur à la somme de ses parties, grâce à Adam Scott, loin de son registre comique habituel, incarnant un auteur atrabilaire dont la méchanceté nonchalante dissimule une culpabilité dévorante. Malgré ses imperfections, la recette fonctionne et vous aurez expérimenté plusieurs effrois de bon aloi.

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