La magie de Harry Potter revient sur HBO : une adaptation qui divise les fans
La magie va-t-elle opérer à nouveau ? HBO a dévoilé il y a quelques jours la première bande-annonce de sa série consacrée à l'univers d'Harry Potter. La première des sept saisons, dont la diffusion est prévue pour Noël, se veut fidèle à l'œuvre de J.K. Rowling, tout en s'autorisant quelques écarts par rapport aux livres et aux films. Entre espoirs et craintes, des fans ont répondu à notre appel à contributions, et des expertes, contactées par 20 Minutes, ont partagé leurs points de vue.
Des réactions mitigées face à l'annonce de la série
Une série sur Harry Potter ? « J'ai cru à une blague », commente Louise, 26 ans. « Étant une fan de la première heure de la saga, je me réjouis de cette nouvelle adaptation », rapporte pour sa part Marie, la trentaine. « Pour moi, le seul but est de faire de l'argent », s'agace Louise, pourtant potterhead (fan d'Harry Potter).
« Je me suis dit : ''encore du Harry Potter'', reconnaît Marine au Terrier, créatrice de contenus spécialisée dans l'univers du célèbre magicien. « Pourquoi HBO nous sort cela ? Étendre l'univers aurait été plus intéressant… » Une réaction largement partagée. « Je n'étais pas emballée à l'idée d'une réadaptation de la saga, confesse Marjolaine. J'espérais que l'univers s'ouvre à de nouvelles histoires, comme pour ''Les Animaux fantastiques'' [sorti en salles en 2016], que j'avais adorées. »
Mais cette membre de La Gazette du sorcier, qui va lancer un podcast baptisé « Multiplettes », a revu son jugement : « Finalement, je trouve cela intéressant d'avoir une nouvelle lecture, à condition qu'il y ait une vraie différence entre cette série et le premier volet sorti au cinéma [''L'école des sorciers'', en 2001]. On va voir la saga autrement, dans un autre contexte. Je suis intriguée. »
Analyse de la bande-annonce : entre noirceur et nouveautés
Passé les premières impressions, place au visionnage de la bande-annonce de la prochaine série. « Elle m'a bien plu, déclare Marjolaine, 35 ans. Dès les premières secondes, j'ai senti la patte HBO avec une ambiance plus sombre, notamment autour de l'enfance d'Harry chez les Dursley. C'est une vraie différence avec le film. » Constat partagé par Marine au Terrier. « On rentre tout de suite dans la noirceur de ce que vit Harry dans les livres, note la créatrice de contenus de 31 ans. Je pense que HBO voulait se démarquer des films, mais aussi attirer les fans de la première heure. »
Une scène de la vidéo promotionnelle a marqué nos intervenantes. « Dans les livres, Harry explique que sa tante lui coupe les cheveux. Là, on la voit le faire et c'est quand même violent. La tante Pétunia me fait peur. »
Cette bande-annonce met également en lumière un nouveau casting. Marjolaine évoque Rubeus Hagrid, l'immense garde-chasse et gardien des clés de Poudlard. « Pour moi, après Robbie Coltrane, je me disais que ça allait être difficile de m'attacher à une autre version de Hagrid, confie-t-elle. En seulement deux petites scènes, je trouve le Hagrid de Nick Frost très engageant. J'ai été surprise de m'attacher aussi rapidement à lui. »
Marine au Terrier parle du personnage de Rogue, joué par Paapa Essiedu. « Je suis très curieuse de le découvrir dans le rôle, mais je crains que sa présence ne change la manière de voir certains personnages, témoigne-t-elle. Par exemple, les Maraudeurs [un groupe de quatre amis qui étaient élèves à Poudlard par le passé, dont James, le père d'Harry Potter, faisait partie] qui, déjà, harcèlent un élève, harcèlent en plus, là, dans la série, une personne noire. » Dominique, la cinquantaine, se demande « comment ne pas y inclure une vision raciste de la part des Maraudeurs ? »
Attentes et débats autour de l'adaptation
« J'espère que les scénaristes oseront aller plus loin qu'une adaptation littérale de l'œuvre, et proposer des choses qu'on n'a pas lues », poursuit Marjolaine. L'experte a tenu à souligner le soin apporté au décor : « Les vues de l'intérieur de Poudlard m'ont plu. Je sais que ça ne plaît pas à tout le monde, mais j'ai trouvé une inspiration un peu dans le style du jeu vidéo ''Hogwarts Legacy''. » Cette part d'adaptation et de création de la part d'HBO, qui devrait jalonner les saisons de la série, n'effraie pas cette fan : « On est tous attachés aux livres et aux films, ces changements vont forcément provoquer des débats. »
Alexis a, lui aussi, quelques doléances, qui peuvent être débattues. « Ce qui m'a manqué dans les films, c'est le quotidien du monde des sorciers, partage ce lecteur de 32 ans. Les petits moments, en apparence anodins, mais qui rendent cet univers crédible et vivant : Comment se déroule réellement un cours à Poudlard ? Quelle est la vie des professeurs en dehors de l'école ? À quoi ressemble le fonctionnement de lieux comme Sainte-Mangouste [l'hôpital des sorciers] ? »
Entre boycott et demande de cohérence
D'autres, comme Gudulon, zapperont la série de HBO. « J'étais fan des films et des livres, avant que J.K. Rowling ne tienne des propos anti-trans et utilise l'argent tiré de la licence Harry Potter pour défendre ses idées rétrogrades, rappelle ce lecteur de 42 ans. Je ne regarderai pas. »
Marjolaine, qui espère que la série mettra davantage en exergue Quirinus Quirrell (le professeur de défense contre les forces du Mal), craint que cette fiction soit « trop sage, trop lisse et ne prenne pas de risques ». Yoann, 34 ans, en appelle, lui, à « un ton plus mature que les films, à un développement sérieux de tous les personnages et à une cohérence tout au long de la série. »



