Gus Van Sant s'inspire d'un enlèvement des années 70 pour son thriller 'La Corde au cou'
Gus Van Sant : un thriller inspiré d'un enlèvement des années 70

Gus Van Sant puise dans un fait divers des années 70 pour son nouveau film

Le cinéaste américain Gus Van Sant, récompensé par la Palme d'or pour Elephant, fait son retour avec La Corde au cou, un thriller inspiré d'une affaire d'enlèvement qui a défrayé la chronique aux États-Unis dans les années 1970. Le film met en scène un homme, Tony Kiritsis, interprété par Bill Skarsgård, qui, ruiné par un emprunt immobilier frauduleux, kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation, joué par Dacre Montgomery.

Une prise d'otage médiatisée qui divise l'Amérique

L'intrigue se concentre sur une prise d'otage de 63 heures, diffusée en direct à la télévision locale puis nationale, captivant toute l'Amérique. Tony Kiritsis réclame 5 millions de dollars et des excuses publiques, soulevant une question centrale : est-il un criminel ou une victime cherchant justice ? Cette affaire réelle, survenue à Indianapolis, sert de toile de fond à une réflexion sur les inégalités sociales et les abus de pouvoir.

Dans une interview, Gus Van Sant explique avoir découvert cette histoire grâce au scénario, qui incluait des liens vers un documentaire. Nous tenions à préserver cette atmosphère spécifique des années 70, déclare-t-il, tout en notant que, aujourd'hui, l'intervention des forces de l'ordre et l'impact des réseaux sociaux auraient radicalement changé le déroulement des événements.

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Une approche cinématographique entre true crime et western moderne

Le réalisateur aborde ce projet avec une démarche proche du genre true crime, où le suspense est omniprésent, notamment grâce à la menace constante d'un fusil braqué sur l'otage. Le titre français, La Corde au cou, évoque délibérément l'univers du western, reflétant selon Van Sant une ambiance de Far West contemporain aux États-Unis, marquée par des confrontations frontales et un sentiment d'insécurité.

Van Sant revient également sur sa carrière, évoquant son remake de Psycho en 1998, qu'il décrit comme un anti-remake et une expérience financière. Pour La Corde au cou, il insiste sur la fictionnalisation des faits réels : Nous avons pour base des événements, mais nous fictionnalisons énormément, précise-t-il, citant l'exemple de la relation entre Tony et l'otage, rendue plus cinématographique pour renforcer l'intrigue.

Un casting de prestige et une critique sociale acerbe

Le film bénéficie de la présence d'Al Pacino dans un rôle de guest star important, rappelant des classiques comme Un après-midi de chien. À travers cette histoire, Gus Van Sant livre une critique fine des médias et de leur chasse au scoop, tout en explorant les thèmes de la dignité et de la vérité dans une Amérique tiraillée par les inégalités.

La Corde au cou est un long-métrage maîtrisé et tendu, qui confirme l'engagement de Van Sant envers des personnages marginaux et déterminés. D'une durée de 1 heure 45, ce thriller est noté 4/5, soulignant sa pertinence et son impact cinématographique.

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