Un film américain sur Bernadette Soubirous tourné dans les Landes
Film américain sur Bernadette Soubirous tourné dans les Landes

Un film américain sur Bernadette Soubirous tourné dans les Landes

À une centaine de kilomètres de la grotte de Lourdes, le cloître de la mairie de Saint-Sever a été choisi par un réalisateur américain pour le tournage d’un film retraçant la vie de Bernadette Soubirous. Cette dernière, qui aurait été témoin d’apparitions de la Vierge Marie au XIXe siècle, est au cœur de ce projet cinématographique. Bernadette Soubirous, alors âgée de 14 ans, aurait été témoin à Lourdes de 18 apparitions de la Vierge Marie en 1858. Ces supposées apparitions mariales ont rendu la ville des Hautes-Pyrénées célèbre en France et à l’international. En 2025, près de 4 millions de pèlerins venus du monde entier s’y sont rendus. Pour la témoin de ces « visions », le quotidien change radicalement. Bernadette Soubirous attire l’attention des médias du monde entier et de l’Église. D’ailleurs, elle dédiera à cette dernière une grande partie du reste de sa vie, en devenant religieuse.

Cette histoire mystique a toujours fasciné Dan Johnson, réalisateur américain originaire de l’Alabama, pour qui la chrétienté semble prendre une place centrale. Après plusieurs documentaires sur ce thème, il réalise son premier long-métrage, « Bernadette & The Lady of Lourdes », dans lequel il revient sur la vie de celle que l’on appelle aujourd’hui sainte Bernadette, puisqu’elle fut canonisée en 1933.

« Cela fait plus de deux ans que Dan voulait faire ce projet, explique Paul Duda, producteur américain du film. L’objectif est de raconter cette histoire française à un public anglo-saxon. Jusqu’ici, le tournage s’est très bien passé. Ce sera un beau film. » Il ajoute en rigolant : « “Bernadette & The Lady of Lourdes” est tourné en anglais, car les Américains ont du mal avec les sous-titres. »

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Pourquoi Saint-Sever plutôt que Lourdes ou Nevers ?

Le tournage du film – auquel participent une cinquantaine de personnes – a démarré le 23 mars, dans les Pyrénées-Atlantiques. Du 20 au 24 avril, c’est la commune de Saint-Sever, dans les Landes, qui a accueilli le grand barnum. De multiples scènes de ce long-métrage y ont été tournées. Pourtant, le lieu choisi et les Landes n’ont rien à voir avec la vie de Bernadette Soubirous, interprétée par Elfie Kluk. La sainte a passé la première partie de sa vie à Lourdes, avant de rejoindre un couvent à Nevers, dans la Nièvre.

Saint-Sever a été choisi pour son cadre offrant des décors somptueux. « Pour faire un film d’époque, il faut des décors d’époque, explique Gaëlle Risch, régisseuse du film. Tourner à Lourdes n’est techniquement pas possible, et le couvent de Nevers a été rénové et ne correspond plus à celui du XIXe siècle. »

Le décor est prêté par la mairie. Pour Flora Valette, responsable de la communication, « tout le monde est gagnant dans l’affaire, les commerçants qui profitent de la présence du personnel, et aussi les artisans, sollicités pour des détails du tournage ». Toutes les équipes sont logées au camping de Saint-Sever, fermé habituellement à cette période de l’année.

Dans les coulisses du tournage

Le mardi 21 avril, vers 15 heures, le cloître a été investi par des religieuses, prêtres et civils en costumes trois-pièces et chapeau haut-de-forme, pour une scène de vie. Si le rendu final doit durer 45 secondes une fois le film terminé, la réalisation a pris plus d’une heure et demie. Il fait chaud, et les comédiens sont habillés chaudement, avec des vêtements typiques du XIXe siècle. Ils attendent le début du tournage sous leurs ombrelles. Les maquilleurs viennent enlever ce qui semble être des gouttes de transpiration pour certains.

On répète quelques minutes, avant que Félix, le premier assistant du cinéaste, hausse la voix. « On va commencer, faites silence ! », crie-t-il. « Moteur… Action ! » La scène est jouée, puis rejouée, encore et encore. Des détails ne plaisent pas à la réalisation qui demande des modifications de la part des comédiens.

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La prise de vues est ouverte au public. Des lycéens de l’établissement Charles-Despiau de Mont-de-Marsan sont présents. « C’est impressionnant. On ne se rend pas compte de tout le travail qui est réalisé pour une petite scène », s’étonne Félix Sivek. Sa camarade, Elaia Denise, ajoute : « On est pris dans l’histoire. Le décor prend vie. »

Un budget de trois millions de dollars

« Le temps est compté », rappelle Félix. En effet, la production du film est estimée à trois millions de dollars, alors pas question de perdre du temps. Vingt-cinq jours de tournage seront nécessaires, pas un de plus. « Le film ne bénéficie pas d’aides du CNC, car le réalisateur n’est pas français. Il a été financé en majeure partie par des dons privés », explique Gaëlle Risch. Pensé par un Américain, pour les Américains, « Bernadette & The Lady of Lourdes » est tourné en France, et avec des acteurs francophones. Selon la régisseuse, plusieurs distributeurs outre-Atlantique ont été trouvés. Des négociations sont actuellement en cours pour aussi diffuser le film dans les cinémas de l’Hexagone.