Claire Denis : les films de sa mère pour trembler de peur
Claire Denis : trembler de peur avec sa mère

Dans un entretien accordé à Libération, la cinéaste Claire Denis revient sur une expérience intime qui a marqué son enfance et influencé son œuvre : les récits de films que sa mère lui faisait le soir. « Ma mère me racontait le soir des scènes de film pour que je tremble de peur avec elle », confie-t-elle. Cette pratique, loin d'être anodine, a façonné son rapport au cinéma et à la peur.

Une transmission maternelle du frisson

Claire Denis se souvient avec émotion de ces moments où, allongée dans son lit, elle écoutait sa mère décrire des séquences entières de films d'horreur ou de suspense. « Elle n'aimait pas les voir seule, alors elle me les racontait. Je tremblais, mais je voulais entendre la suite. » Cette complicité autour de la peur a créé un lien unique entre la mère et la fille, tout en éveillant chez la future réalisatrice un goût pour les émotions fortes et la narration visuelle.

L'impact sur son cinéma

Cette expérience précoce se retrouve dans les films de Claire Denis, où la peur est souvent présente, mais de manière subtile et psychologique. « Je ne cherche pas à faire peur avec des effets faciles. Je veux que le spectateur ressente une angoisse profonde, comme celle que je ressentais enfant. » Des œuvres comme Trouble Every Day ou Beau Travail explorent les limites du corps et de l'esprit, évoquant cette tension entre attraction et répulsion.

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  • La peur comme outil narratif et émotionnel
  • L'importance des récits oraux dans la construction de l'imaginaire
  • Le lien entre mémoire personnelle et création artistique

Claire Denis insiste sur le fait que ces récits du soir n'étaient pas traumatisants, mais plutôt une façon de domestiquer la peur. « Ma mère me montrait que la peur peut être partagée, et donc surmontée. » Cette leçon a imprégné son approche du cinéma, où les personnages affrontent leurs démons intérieurs dans des atmosphères oppressantes.

Aujourd'hui, à l'occasion de la sortie de son nouveau film, la réalisatrice rend hommage à cette transmission maternelle. « Sans ces soirées à trembler avec elle, je ne serais pas devenue cinéaste. » Un témoignage touchant sur la manière dont les expériences intimes nourrissent l'art.

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