Chantal Goya : « Je dis ce que je pense et je me sens bien » avant son concert au Zénith
Chantal Goya : « Je dis ce que je pense » avant son concert

Avant son concert du 13 décembre au Zénith sud, à Montpellier, Chantal Goya était vendredi au siège de Midi Libre pour une rencontre pleine de peps avec nos lecteurs, soit plusieurs générations de ses fans. Un one-woman-show de Chantal Goya ? La question se pose. Ce vendredi, au Mas de Grille, à Saint-Jean-de-Védas, elle est posée par un des abonnés de Midi Libre qui ont le privilège d'assister (participer, serait plus juste) à un moment exceptionnel en compagnie de l'idole de plusieurs générations d'enfants, et de ceux qui ont su le rester quelque part un peu.

La question est pertinente, car la performance est excellente : depuis une trentaine de minutes déjà, Chantal Goya répond aux questions de Marion Pignot, rédactrice en chef adjointe, ainsi qu'à celles des lecteurs, et depuis une trentaine de minutes aussi, c'est un feu d'artifice d'anecdotes, un vrac de souvenirs, un mikado de traits d'esprit. Bref, un spectacle !

Un one-woman-show ?

« Tout le monde me le dit. “Tu nous fais tellement rire !”, qu'on me dit. C'est vrai que j'ai des trucs drôles à raconter et que je les raconte à ma façon, répond Chantal Goya. Alors, un one-woman-show, non, mais pendant mes spectacles, entre les chansons, je fais mes petits trucs pour faire rire le public adulte. Au moment des Trois joyeux Pieds Nickelés, vous avez vu tout ce que je balance ? »

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Pour en savoir plus sur ce point, il faudra aller au Zénith sud à Montpellier samedi 13 décembre, à 15 h, voir « 50 ans d'amour », feuilletage onirique et nostalgique de tous ses spectacles avec Marie-Rose, Monsieur Le Chêne, Luciole, Jeannot Lapin, le Carrosse escargot… et ô surprise, Pandi-Panda de retour. On se souvient que le costume dudit iconique ursidé a été volé en avril dernier ; Julien Doré avait d'ailleurs proposé de lui offrir un de ses deux déguisements de panda (« C'est une belle personne », diagnostique Chantal Goya qui ne tarit pas d'éloges à son sujet) mais la chanteuse le promet : le sien va être refait à l'identique de 1984 par sa créatrice originelle (qui bosse aujourd'hui sur l'émission Mask Singer) et il sera prêt pour le concert de Montpellier.

Une attitude positive

Mais revenons à cette affaire de bagou, à ce spectacle en soi et en voix improvisée à haut débit par notre star octogénaire : « Il faut mettre un peu d'humour dans nos vies, dans ce paysage si compliqué… Les gens se prennent tellement au sérieux… » Elle, d'évidence, en dépit des difficultés qu'elle a eues à affronter et des soucis qui demeurent, elle prend la vie du bon côté. Sans doute est-ce ainsi qu'elle s'est dépatouillée de la traversée du désert qui a suivi sa prestation foutraque dans l'émission Le Jeu de la vérité, en 1985. On l'a beaucoup critiquée ? « Oui, mais je m'en fous parce que j'avais une maman qui m'avait dit : “T'inquiète pas, Chantal, dans ces moments-là, mets la robe en toile cirée que je t'ai faite : tout glisse dessus !” »

Sans doute est-ce aussi grâce à cette éducation, à ce rapport au monde joyeux, qu'elle a embrassé son statut d'icône gay sans tout bien en comprendre, et fait le tour des discothèques. « À chaque fois que je chantais Bouba, les garçons s'embrassaient sur la bouche, je me disais “c'est pas vrai”… mais au fond, vaut mieux que les gens s'aiment plutôt qu'ils se détestent, non ? C'est comme ça que Bécassine is my cousine est devenu un tube en boîte, et moi, hyper branchée, c'est bizarre, hein ? »

Cinquante années d'amour

Le demi-siècle de sentiments que proclame le titre de son nouveau spectacle est aussi celui qui l'unit à Jean-Jacques Debout : « Quand on s'est connu, je lui ai dit : “Je te préviens, je vais me marier avec toi mais je n'aurai qu'un seul mari dans ma vie.” Je suis très fidèle, je n'aime pas changer mes habitudes, je ne suis pas du genre à partir à l'aventure avec mon baluchon, je suis contente de ce que j'ai… Après, Jean-Jacques, il fait ce qu'il veut, parce que moi, je ne contrôle pas ! » L'assistance s'esclaffe. Elle précise : « Moi, à partir de 10 h du soir, je dors donc je ne sais pas ce qui se passe après. Il m'a dit qu'il était un homme de nuit, moi, je suis une femme de jour, on se complète ! »

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Jean-Jacques Debout, qui remonte sur scène ce dimanche, au Café de la danse, à Paris, le temps d'un spectacle intitulé « Au revoir mais pas adieu », a tout écrit et composé du répertoire de son épouse, mais lui a laissé le soin de construire son nouveau spectacle. « J'ai tellement d'imagination que je n'ai pas besoin de lire, ni de voir des films, j'ai tout dans ma tête ! Des milliers d'histoires ! », s'enthousiasme-t-elle. Et déjà d'imaginer que plus tard, une jeune fille pourrait reprendre son répertoire et qu'elle interviendrait, elle, dedans « comme une bonne fée », sous forme d'hologramme !

Bon, d'ici là, « Le mystérieux voyage de Marie-Rose » sera normalement revenu sous la forme d'un film d'animation 3D (en 2027, si tout va bien). Chantal Goya déborde d'idées. Et d'énergie : « J'aime quand ça bouge, il faut, sinon je m'endors. Je vais très vite partout, c'est une chance car on est à une époque où tout va très vite… si bien que je corresponds à l'époque ! Jean-Jacques, lui, il est plutôt de l'époque de Victor Hugo ! »

En clair, n'attendez pas d'elle qu'elle lâche (les feux de) la rampe et tire le rideau. « Mon histoire avec le public a débuté d'une manière si imprévue. Ça serait prétentieux de dire “J'ai décidé, moi, d'arrêter”. Ça serait comme dire “Je ne vous aime plus, je refais ma vie”. Ça serait mentir ! » Et de redire, à toutes fins utiles : « Je suis quelqu'un de vrai, d'authentique : je ne sais pas tricher, ça m'a parfois valu des problèmes dans les médias mais je suis directe et on est tous comme ça dans ma famille : on dit ce qu'on pense et après, on se sent bien. » Et ça fait quatre-vingt-trois ans que ça marche, chapeau bas !