Festival de Cannes 2026 : « Quelques jours à Nagi » ouvre la compétition, notre critique
Cannes 2026 : « Quelques jours à Nagi » déçoit en ouverture

Ce n’est pas chose aisée que d’ouvrir le bal d’une compétition officielle. C’était le challenge que devait relever Quelques jours à Nagi, le film de Koji Fukada, cinéaste japonais de 46 ans qui adaptait à l’écran la pièce de théâtre éponyme. Nagi est un village de vacances de l’ouest de l’archipel japonais, un lieu rural, agricole, où les troupeaux de vaches cohabitent avec une base militaire des Forces japonaises d’autodéfense.

Un duo de femmes en quête de sens

C’est dans ce décor que Yoriko, sculptrice solitaire sur bois de camphrier, accueille son ancienne belle-sœur, Yuri, pour quelques jours. L’une va poser en tant que modèle pour l’autre. Durant ces longues heures de création et d’échanges entre l’artiste et son modèle, les deux femmes vont se livrer. Et se découvrir. Dans un village où les détonations des exercices de tir à balles réelles de la base militaire voisine et les bulletins quotidiens d’informations de la mairie sur les ondes de la radio locale sont les seules distractions sonores quotidiennes, il sera beaucoup question des absents.

Le manque des absents

Car Yoriko et Yuri doivent combler les manques de leur vie : ceux de parents disparus, du souvenir douloureux d’un amour de jeunesse, d’un frère et ancien mari distant, de l’absence d’enfants. Autour de ce duo, tout en pudeur et en retenue, gravitent des seconds rôles qui bouleversent la norme sociale établie : un père veuf et deux adolescents qui se cherchent.

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Des paysages magnifiques mais des personnages trop distants

Même s’il est question du rapport à l’art, à l’amour, à la solitude et au monde du travail, le film captive surtout par ses paysages naturels fascinants. De grandes étendues calmes et naturelles à perte de vue qui nous font oublier, un peu, les personnages auxquels on a, il faut l’avouer, un peu de mal à s’attacher. Il y a dans cette fable une trop grande retenue et une absence de contacts charnels qui empêchent de s’émouvoir pour le sort de nos personnages, même si on partage le sacerdoce de nos deux héroïnes : assumer l’échec, relatif, d’une vie par rapport à la pression sociale et aux standards établis. Mais telle une sculpture en cours d’accomplissement, on a l’impression que Koji Fukada n’a pas complètement terminé son œuvre… Et c’est dommage.

Quelques jours à Nagi. Notre avis : 2/5. En salles le 7 octobre.

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