Une fresque historique et musicale
Le Festival de Cannes 2026 a réservé une surprise de taille avec la présentation hors compétition de "Once Upon a Time in Harlem", le dernier opus des frères William et David Greaves. Ce film, attendu comme l'un des événements de l'année, transporte le spectateur dans le Harlem des années 1920, une époque bouillonnante de créativité et de luttes sociales. Les réalisateurs, connus pour leur approche novatrice du cinéma, livrent ici une œuvre foisonnante qui mêle habilement fiction et réalité historique.
Un hommage à la Renaissance de Harlem
Le film s'inspire librement de la Renaissance de Harlem, ce mouvement culturel afro-américain qui a marqué le début du XXe siècle. À travers le parcours d'un jeune musicien de jazz, les frères Greaves explorent les thèmes de l'identité, de la ségrégation et de la quête de liberté. La bande originale, composée par le célèbre pianiste Jason Moran, donne vie à cette époque avec des morceaux originaux et des reprises de standards du jazz.
Une mise en scène spectaculaire
Visuellement, le film est un régal. Les frères Greaves ont reconstitué avec minutie les rues de Harlem, les clubs de jazz enfumés et les salons littéraires. La photographie, signée Bradford Young, oscille entre des couleurs saturées et des clairs-obscurs qui rappellent les tableaux de Jacob Lawrence. Les scènes de danse, chorégraphiées par Camille A. Brown, sont d'une énergie contagieuse.
Un casting éclatant
Le casting réunit des talents confirmés et émergents. John Boyega incarne le protagoniste avec une intensité rare, tandis que Lupita Nyong'o brille dans le rôle d'une chanteuse de blues. La jeune révélation Moses Ingram apporte une touche de modernité au récit. Les seconds rôles, tenus par des vétérans comme Danny Glover et Phylicia Rashad, ajoutent une profondeur bienvenue.
Une réflexion sur l'Amérique contemporaine
Au-delà du divertissement, "Once Upon a Time in Harlem" est une réflexion sur les fractures raciales qui persistent aux États-Unis. Les frères Greaves ne tombent pas dans le piège du misérabilisme ; ils choisissent plutôt de célébrer la résilience et la créativité de la communauté noire. Le film est ponctué de clins d'œil à l'actualité, comme des références au mouvement Black Lives Matter, sans jamais perdre son cap narratif.
Un accueil enthousiaste
La projection cannoise a été saluée par une standing ovation de dix minutes. La critique a loué l'audace formelle et la générosité du récit. Certains y voient déjà un prétendant sérieux pour les Oscars de l'année prochaine. En attendant, le public français pourra découvrir le film en salles dès le mois de septembre 2026.
Avec "Once Upon a Time in Harlem", les frères Greaves confirment leur place parmi les cinéastes les plus importants de leur génération. Leur film est une fête pour les sens et pour l'esprit, une œuvre qui fait du bien et qui donne à réfléchir.



