Christophe Honoré présente « Mariage au goût d'orange » à Cannes
Dans le cadre de la section Cannes Première, le réalisateur Christophe Honoré a dévoilé son nouveau film, « Mariage au goût d'orange », un film choral au casting prestigieux, largement inspiré de sa propre histoire familiale, intense et marquée par la violence. La projection a eu lieu au Théâtre Debussy, et le réalisateur s'est confié lors d'une rencontre sur la plage Vilebrequin.
Un film choral et intime
Le film réunit une pléiade d'acteurs talentueux : Vincent Lacoste, Adèle Exarchopoulos, Alban Lenoir, Nadia Tereszkiewicz, Paul Kircher et Malou Khebizi. L'histoire se déroule en 1978, le jour de la mort de Claude François, et suit Jacques, le benjamin d'une fratrie de sept enfants, les Puig. Alors que la famille se prépare à célébrer un mariage, l'ombre du père, maltraitant et rejeté, plane sur la cérémonie. Christophe Honoré avait déjà abordé cette histoire personnelle au théâtre dans « Le ciel de Nantes », mais il parvient ici à donner un souffle cinématographique à ce récit où la violence et la tendresse se côtoient.
Un regard tendre sur une famille marquée par la tragédie
Interrogé sur son long cheminement vers ce récit intime, le réalisateur explique : « Souvent, on m'associe à un cinéma parisien, mais je sais d'où je viens. Il m'a fallu du temps, non par honte, mais parce que c'est difficile de se replonger dans une famille marquée par tant de tragédies. J'ai eu l'idée de concentrer tout cela sur une seule journée, où se déplie le destin de ces gens. »
Jeune, Honoré voyait sa famille avec fascination et terreur : « Je savais qu'un accès de violence pouvait arriver pour des bêtises. Mais au cinéma, la violence est souvent construite de manière oppressante ; ici, elle est fulgurante, et deux minutes après, ils sont dans les bras les uns des autres, s'excusant comme si tout était intégré. »
Un témoin plutôt qu'un autobiographe
Le réalisateur précise que son personnage à l'écran est discret, presque effacé, et qu'il ne considère pas le film comme autobiographique : « Je me suis plus raconté dans 'Plaire, aimer et courir vite'. Je voulais être un témoin, comme un témoin de mariage. J'ai vieilli mon personnage, car j'étais plus jeune en 78. L'important, c'était ma famille, pas moi. »
Les comédiens ignoraient pour la plupart que l'histoire était celle du réalisateur. Honoré leur a laissé une grande liberté : « Ils ont compris qu'ils incarneraient des souvenirs, mais je ne leur demandais pas de se conformer à des modèles. Leur énergie primait. »
Un casting de choix
Certains acteurs ont été choisis dès le départ, comme Vincent Lacoste et Paul Kircher, déjà collaborés auparavant. « Vincent apporte de la sympathie à un personnage plein de failles. Pour Claudie, l'une des sœurs, j'ai pensé à Adèle Exarchopoulos, que je ne connaissais pas. Tout s'est fait naturellement, et j'ai été subjugué par la force de son jeu. »
L'appréhension du regard familial
Honoré confie qu'il ne peut pas s'autocensurer quant au regard de sa famille : « Beaucoup sont morts jeunes, il reste peu de monde : ma mère, une de ses sœurs, des petits-enfants. Ce qui émane du film n'est pas indulgent, mais c'est un regard très tendre. »
« Mariage au goût d'orange » sortira en salles le 18 novembre.



