Avez-vous déjà entendu parler de Kane « Pixels » Parsons ? Ce petit génie de 21 printemps s’est illustré sur YouTube dès ses 14 ans avant de se faire connaître du très grand public pour Backrooms, un long métrage horrifique qui a cartonné aux États-Unis. Le film est enfin distribué dans les salles françaises.
Un univers oppressant
Renate Reinsve et Chiwetel Ejiofor se perdent dans les « backrooms », arrière-boutique cauchemardesque d’un magasin de meubles délabrés. Cette psychiatre et ce vendeur, torturés par leur passé, ne sont pas au bout de leurs surprises, mais il serait criminel d’en révéler davantage. Il suffit de savoir que cet univers oppressant, d’abord développé par le réalisateur dans une série YouTube dès 2022, trouve tout naturellement sa place sur grand écran.
Les « Backrooms » : de quoi s’agit-il ?
Rien à voir avec les coulisses de certains bars où l’on se retrouve pour faire des polissonneries ! Ces backrooms-là ont fait leur apparition en 2019 dans une « creepy-pasta », légende horrifique d’Internet, sur le site 4chan. On y voyait une succession de couloirs déserts au papier peint jaune pisseux qui mettaient étonnamment mal à l’aise. Cette belle série de photos d’espaces liminaux exploitait de façon remarquable l’esthétique liminaire, un concept consistant à montrer des endroits abandonnés, devenus angoissants par leur côté désert et décrépis. De quoi titiller la créativité de nombreux internautes.
Parmi eux, Kane Parsons est l’un des plus remarquables. Sa série, intégralement réalisée en images de synthèse (attention : ne surtout pas confondre avec l’intelligence artificielle, Kane Parsons est très ferme sur ce point), est un bijou qui a attiré l’attention d’Hollywood. On peut connaître les détails de cette aventure sur l’excellente vidéo du créateur de contenus Feldup ou aller découvrir la série sur le compte de Kane Parsons. Ce dernier entre par la grande porte dans le panthéon des talents lancés par YouTube, avec ses plus de 160 millions de dollars au box-office américain, montant jusqu’à plus de 248 millions dans le monde entier. Et cela, avant même la sortie française !
Un succès colossal
Comme Obsession de Curry Baker, sorti le mois dernier, Backrooms démontre qu’Internet est une pépinière de talents. L’idée est simple : dans un endroit aussi désert et labyrinthique que le cerveau humain, croiser quelqu’un ou quelque chose est rarement une bonne nouvelle. Contrairement à ceux de la série d’origine, certains décors du film ont été créés en dur, ce qui les rend d’autant plus flippants. Une bande-son très soignée ajoute une touche de malaise, et le tour est joué : une nouvelle saga cinématographique d’horreur est née. Le concept peut se décliner à l’infini, et le succès colossal obtenu par ce premier volet laisse espérer une, voire plusieurs, suites.
Notre dossier YouTube
Sans effet gore et en limitant les jumpscares, Kane Parsons est parvenu à transposer son univers au cinéma et à faire montre d’une virtuosité remarquable pour son premier long métrage. On gage qu’il ne restera pas longtemps dans l’arrière-boutique. L’atmosphère de Backrooms est envoûtante à souhait. Pour la recréer chez vous, il ne vous reste plus qu’à acheter le papier peint légendaire vendu sur le site A24.



