Un film ancré dans une réalité africaine
Le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis dévoile les coulisses de son dernier long-métrage, Dao, dans un entretien accordé à Libération. Ce film, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, raconte l'histoire d'un jeune Sénégalais confronté aux défis de la vie moderne à Dakar. Gomis explique que l'idée du film est née d'un désir profond : "l'envie d'exister dans un film sans avoir à s'excuser". Une déclaration qui résonne comme un manifeste pour un cinéma africain libéré des regards extérieurs.
Un processus créatif authentique
Pour Gomis, Dao est le fruit d'une longue maturation. Il a puisé dans ses propres expériences et observations de la société sénégalaise pour construire un récit à la fois intime et universel. Le réalisateur insiste sur l'importance de raconter des histoires africaines sans filtre, loin des stéréotypes souvent imposés par l'industrie cinématographique occidentale. "Nous avons trop souvent été cantonnés à des rôles de victimes ou de figures exotiques", déplore-t-il. Avec Dao, il entend renverser cette dynamique en offrant une vision nuancée et complexe de l'Afrique contemporaine.
Un casting et une équipe engagés
Le film met en scène des acteurs majoritairement sénégalais, dont plusieurs non-professionnels, choisis pour leur authenticité. Gomis a travaillé en étroite collaboration avec le directeur de la photographie pour capturer la lumière et l'énergie de Dakar, créant une atmosphère visuelle unique. La bande originale, mêlant musiques traditionnelles et sons urbains, renforce l'ancrage du film dans son environnement.
Un cinéma politique et poétique
Au-delà de l'histoire personnelle de son protagoniste, Dao aborde des thématiques politiques telles que la corruption, les inégalités sociales et la quête d'identité. Gomis utilise une narration non linéaire, entre rêve et réalité, pour explorer les contradictions de la société sénégalaise. "Le cinéma doit être un espace de liberté où l'on peut questionner le monde sans peur", affirme-t-il. Cette approche a valu au réalisateur une reconnaissance internationale, mais il reste attaché à ses racines.
Un appel à la diversité dans le cinéma
Alain Gomis espère que Dao inspirera une nouvelle génération de cinéastes africains à raconter leurs propres histoires. Il critique le manque de diversité dans les instances de décision du cinéma mondial et appelle à une plus grande représentation des voix africaines. "Nous devons être les narrateurs de nos propres vies", conclut-il. Le film sortira en salles le 12 mai prochain et promet d'être un événement cinématographique marquant.



