Ahmed Sylla incarne Lupita, une policière infiltrée dans un gang de drogue
Ahmed Sylla devient Lupita dans son premier film L'Infiltrée

Ahmed Sylla se métamorphose en Lupita pour son premier film

Ahmed Sylla, révélé au Festival de l'Alpe d'Huez, fait ses débuts en tant que réalisateur avec L'Infiltrée, un film où il incarne également le rôle principal. Lupita, personnage féminin flamboyant, est en réalité un policier contraint de se travestir pour infiltrer un gang de trafiquants de drogue dirigé par un parrain impressionnant physiquement mais limité intellectuellement.

Un personnage féminin travaillé depuis dix ans

« Ça fait dix ans que je travaille ce personnage féminin sur scène », confie Ahmed Sylla. « Il est en moi et me suit à travers les spectacles. Faire un film avec Lupita est venu tout naturellement. » Le comédien se transforme en une créature de rêve à la silhouette sculpturale, déterminée à démanteler un trafic de stupéfiants masqué en vente de cosmétiques.

Le look de Lupita a été conçu avec soin en collaboration avec la cheffe costumière Camille Rabineau. « Je voulais qu'elle soit hypercolorée, qu'elle ait du peps. Ses tenues sont un reflet de sa personnalité exubérante », explique le réalisateur.

Influences et évitement de la caricature

Ahmed Sylla cite des influences comme Dustin Hoffman dans Tootsie, Robin Williams dans Miss Doubtfire, ou encore Eddie Murphy et les frères Wayans. Cependant, le trentenaire a veillé à ne pas tomber dans la caricature. « Lupita est une combinaison de plusieurs femmes que j'ai connues. Elle devait être touchante et reloue de façon qu'on s'attache à elle, ce qui me permettait de la mettre en danger », précise-t-il.

Effectivement, Lupita se retrouve fréquemment en péril en raison de sa maladresse chronique, face à un parrain interprété par Kaaris.

Une longue expérience des rôles féminins

« Incarner une femme n'a rien de nouveau pour moi », insiste Ahmed Sylla. « Quand j'ai commencé à monter sur scène au collège, le premier personnage que j'ai joué est Chanel, celui de Firmine Richard dans 8 femmes de François Ozon. »

Le comédien se sent parfaitement à l'aise dans la peau de Lupita, mais il laisse également de la place à ses partenaires féminines. « Il existe plusieurs façons d'être féminine », souligne-t-il. « J'ai essayé d'en représenter quelques-unes dans mon film. » Michèle Laroque et Sandra Parfait illustrent cette diversité, l'une en policière autoritaire, l'autre en « femme de main » redoutable.

Exploration de la féminité et projets futurs

Ahmed Sylla aborde la question de la féminité avec sensibilité. « Pour moi, être une femme, c'est avoir une sensibilité, une intelligence auxquelles l'éducation oblige parfois les garçons à renoncer. Je veux montrer qu'on peut être un homme hétérosexuel et embrasser pleinement sa part féminine sans pour autant renoncer à son côté masculin. C'est un sujet que j'aborde aussi dans mon seul en scène, Origami. »

Le succès de L'Infiltrée lui a donné le goût de la réalisation et des rôles variés. « Si je ne devais jouer que des personnages qui me ressemblent, mon métier n'aurait aucun sens et ce serait aussi ennuyeux pour le public que pour moi. Je dois être capable de devenir un papi, une mamie ou un enfant », affirme-t-il.

Ahmed Sylla retournera sur scène à l'Olympia et en tournée en province avec Lupita et les autres en octobre prochain. Le public attend avec curiosité son prochain défi artistique.