Macron nomme Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, une décision transgressive
Macron nomme Montchalin à la Cour des comptes, un choix transgressive

Une nomination qui rompt avec les traditions de la Ve République

Emmanuel Macron, depuis son arrivée au pouvoir en 2017, a procédé à de nombreuses nominations, mais celle d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes est sans doute la plus transgressive. Le chef de l'État a pris cette décision dans le salon vert du palais de l'Élysée à Paris, le 9 février 2026, exerçant ses prérogatives institutionnelles, comme le rappelle l'Élysée. Cependant, ce choix marque une rupture avec les usages les plus ancrés de la Ve République.

Une tradition brisée

En effet, il est de tradition de nommer à la Cour des comptes des sexagénaires en fin de parcours, des personnes qui, selon l'ancien président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, n'ont rien à redouter ni rien à espérer. Or, Amélie de Montchalin, âgée de seulement 40 ans, pourrait encore prétendre à des responsabilités politiques majeures dans les années à venir. Cette nomination soulève donc des questions sur l'évolution des pratiques institutionnelles sous la présidence Macron.

Un conflit d'intérêts potentiel

D'autre part, la ministre des comptes publics, qui a passé des mois à défendre le budget 2026 devant les députés, se retrouvera en quelques jours juge des comptes qu'elle a elle-même contribué à établir. Cette situation crée une tension inédite entre l'exécutif et une institution chargée, précisément, de le contrôler. La question n'est pas rhétorique et met en lumière les défis de l'indépendance des institutions de contrôle.

Cette décision de Macron pourrait avoir des répercussions sur la perception de la transparence et de l'équilibre des pouvoirs en France. Les observateurs politiques suivront de près les développements de cette nomination, qui pourrait influencer les futures réformes institutionnelles.