Chaque vendredi, la rédaction de Midi Libre sélectionne quatre séries à ne pas rater. Pas forcément les toutes dernières nouveautés, mais toujours des œuvres qui méritent votre attention. Quatre séries, quatre façons d’explorer l’amour, le sexe, la haine et la tension.
Qu’il est difficile d’aimer avec Los años nuevos, de se défoncer avec High Town, en passant par le huis clos politique suisse électrique avec The Deal et le rapport haletant entre la bête et l’écrivaine dans The Beast in me… voici la sélection de Midi Libre de ce vendredi 21 novembre 2025. Foncez, vous allez aimer et flipper.
Los años nuevos (Arte)
« Qu’il est difficile d’aimer », comme le chantait Gilles Vigneault, aurait pu être le sous-titre de Los años nuevos, la série du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen. Elle raconte la rencontre entre Ana et Oscar, lors d’un Nouvel an, et retrace leur parcours amoureux sur dix années en dix épisodes, à chaque fois au moment du réveillon de la Saint-Sylvestre. De la passion des débuts à l’usure du quotidien, Sorogoyen montre à travers les petits riens et les non-dits les subtilités de l’amour et la complexité du couple dans cette série terriblement mélancolique et douce-amère. Et semble vouloir dire que l’amour peut renaître de ses cendres. À moins que ce soit juste un choix scénaristique.
High Town (Netflix)
Encore une série sur le trafic de drogue ? Oui, mais une bonne, une très bonne même, originale et décalée. Située à Cape Cod, un coin touristique et festif du Massachusetts, High Town met en scène Jackie, inspectrice au service national des pêches, rattrapée par des meurtres liés aux stupéfiants. Elle est lesbienne, fêtarde, fragile, comme toutes les figures de cette série centrée aussi sur un club de strip-tease. Autour de la fliquette latino (Monica Raymund, bluffante) et de la femme du parrain (superbe Riley Voelkel), tout est très intense : le sexe, la drogue, la violence et les fêlures de tous ces personnages ballottés par les ravages des opioïdes. Gros coup de cœur.
The Beast in me (Netflix)
On se dit qu’une série dans laquelle joue Claire Danes (ex-incroyable espionne bipolaire dans Homeland) ne peut pas être foncièrement mauvaise. D’autant que le titre The Beast in me et le pitch ont tout pour attirer le « sériphile » : une écrivaine qui a perdu son fils de 8 ans, son voisin (Matthew Rhys, parfaitement glaçant) au passé trouble sur qui elle décide d’écrire une biographie. Très vite, tout s’emballe (un peu trop) : la bête fait preuve d’actes monstrueux toujours plus sanguinolents et la romancière en deuil semble perdre un peu les pédales. En huit épisodes, se joue entre eux un jeu du chat et de la souris où l’on se demande jusqu’au bout qui est le prédateur et qui est la proie.
The Deal (Arte)
The Deal, série politique internationale signée du duo Alice Winocour/Jean-Stéphane Bron, pose ses caméras à Genève lors d’une conférence diplomatique sur le nucléaire iranien, il y a dix ans. La fiction regroupe sur quelques jours, pour une unité de temps et d’action efficace, des négociations qui se sont en fait étirées sur deux ans. Le huis clos est prenant. Iran, États-Unis et Russie, notamment, parviendront à un accord, annulé trois ans plus tard par Donald Trump. La série s’articule autour de la diplomate suisse chargée d’arrondir les angles, incarnée par l’actrice belge Veerle Baetens, un peu trop électrique pour une émissaire.



