Une décision judiciaire lourde de conséquences
Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, l'un des plus importants rendez-vous du genre en Europe, est en proie à de sérieuses difficultés. La société organisatrice, qui porte l'événement depuis des décennies, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d'Angoulême, comme l'a annoncé la direction ce lundi 20 mai. Cette décision fait suite à l'échec des discussions avec les créanciers et à l'impossibilité de trouver un repreneur pour la structure.
Un événement majeur menacé
Le festival, qui se tient chaque année en janvier, attire des dizaines de milliers de visiteurs et des centaines d'auteurs du monde entier. Sa 52e édition, qui s'est déroulée en janvier 2025, avait pourtant été un succès populaire, mais les difficultés financières de la société organisatrice étaient connues depuis plusieurs mois. Selon le communiqué officiel, la liquidation judiciaire devrait permettre de poursuivre l'activité jusqu'à la fin de l'année 2025, le temps d'organiser une éventuelle reprise par une autre entité.
Quel avenir pour le festival ?
Les collectivités locales, dont la mairie d'Angoulême et la région Nouvelle-Aquitaine, se sont dites prêtes à soutenir une solution de reprise. Le ministère de la Culture a également exprimé son attachement à cet événement emblématique. Cependant, l'incertitude plane sur le calendrier et le format des prochaines éditions. Les syndicats d'auteurs et les libraires s'inquiètent des répercussions sur le secteur de la bande dessinée en France. La liquidation judiciaire intervient après une période de turbulences marquée par des conflits internes et une baisse des subventions publiques.
Un modèle économique fragilisé
Le festival d'Angoulême, créé en 1974, a longtemps été considéré comme un modèle de réussite. Mais la concurrence accrue d'autres manifestations, la digitalisation du secteur et les difficultés à renouveler son public ont pesé sur ses finances. La société organisatrice employait une dizaine de salariés permanents et plusieurs dizaines de saisonniers. Le tribunal de commerce a nommé un liquidateur qui devra gérer les actifs et les dettes de la structure. Les prochains mois seront décisifs pour l'avenir de la bande dessinée à Angoulême.



