Crucita, l'épouse cachée de Pierre Loti, ressurgit à Fouras
Crucita, l'épouse cachée de Pierre Loti, ressurgit

Un double été pour Pierre Loti

Si Pierre Loti menait une double vie à Rochefort entre son épouse officielle Blanche et sa compagne basque Crucita Gainza, il en faisait de même durant les étés à Fouras. Ce 16 mai 2025, un collectif d'habitants et de spécialistes met en lumière cette figure longtemps restée dans l'ombre.

La résurrection de Crucita

Certains auraient voulu effacer Crucita Gainza de la mémoire rochefortaise. C'est raté. Épouse morganatique de l'écrivain et mère de ses trois fils basques, tous nés à Rochefort, elle est aujourd'hui célébrée. Des spécialistes comme Alain Quella-Villéger, Jean-Louis Marot et Bruno Vercier affirment qu'elle « fait partie de la vie de Loti ». Un collectif d'habitants s'attache à la sortir de l'oubli. L'année dernière, une journée lui était dédiée à Rochefort. Ce samedi 16 mai, ils la font revivre à Fouras, où elle séjournait pendant les vacances d'été.

De Rochefort à Fouras

En 2025, « Bienvenue Crucita », une déambulation théâtralisée, avait déjà conduit le public devant les maisons que la Basquaise occupa avec ses fils de 1894 à 1932, toutes louées par Loti dans le faubourg pour abriter ses amours clandestines : 31, rue Pasteur ; 20, rue du 4-Septembre ; 35, rue du 14-Juillet ; 2, rue Jeanne-d'Arc. Les spectateurs, découvrant ce pan caché de la vie de l'Académicien, en redemandaient. La villa « Le Rêve » au Bois vert, la plus luxueuse, était réservée à Blanche, son épouse officielle, donnant directement sur la grande plage.

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Fort de ce succès, le collectif a proposé une saison 2 : « Crucita, de l'ombre à la lumière ». On déambulera à nouveau devant les maisons louées d'août à octobre chaque année, par Crucita, mais aussi Pierre Loti, sa mère Nadine Viaud, sa sœur Marie Bon et sa fille Ninette, et même Blanche de la Ferrière. Sans oublier tous les enfants qui avaient fini par découvrir le secret de Polichinelle. « Le Cabanon », rue de la Coue, était loué par Ninette, fille de Marie Bon et nièce de Loti, qui était favorable à Crucita.

Une vie estivale à Fouras

« Chaque famille faisait mine de s'ignorer, Marie Bon détestait Crucita par exemple, mais se croisait forcément sur la grande plage. Sans doute les enfants, Samuel, le fils reconnu, Raymond dit Ramuntcho et Edmond, les deux fils que Crucita donna à l'écrivain (1), jouaient-ils ensemble. Loti venait, mais dormait rarement à Fouras », explique Annie Lamand, cheville ouvrière qui a exploré les archives et étudié les lettres de Crucita à son aimé, le journal de Loti et le livre de Samuel Viaud et Odette Valence « La Famille de Pierre-Loti ».

La balade avec textes, poèmes, photos et chants signés Créapuce passera devant la villa « Le Rêve » au Bois vert louée par Blanche ; le 63, rue de la halle, loué par Crucita ; « Le Cèdre », place de la République, louée par Marie Bon ; « Le Cabanon », rue de la Coue et « La Loubine » vers la redoute de l'Aiguille, deux maisons louées par Ninette. « Ce fut une vraie enquête car on cherche toujours la localisation de "La Loubine", qui a dû être transformée aujourd'hui », s'enthousiasme Annie Lamand.

Programme de la journée

La manifestation, organisée en partenariat avec la médiathèque, le musée de Fouras, le casino et Fouras les films, commencera à 14 h 30 devant l'abri du marin (actuelle médiathèque) que Loti inaugura le 25 juillet 1902 en tant qu'officier de Marine. Elle se terminera par la projection de « Ramuntcho », film de 1938 signé René Berbéris d'après le roman de Loti, présenté par Jean-Louis Marçot. Ce dernier exposera aussi ses photos sur « le Pays basque d'après Pierre Loti » à la médiathèque jusqu'au 13 juin.

(1) Le petit Léo est mort à un an.

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