Après d'importants travaux de restauration, le Petit Temple de Nîmes, situé au cœur du Carré protestant, rouvre ses portes au public. Ce joyau du patrimoine protestant, transformé en espace culturel et cultuel de 200 places, accueillera désormais spectacles, concerts et événements solidaires.
Un lieu d'accueil et de partage
Bernard Cavalier et Alain Clavel, représentants de l'Église protestante, voient dans ce lieu rénové un véritable espace d'accueil. "L'idée est d'accueillir toutes formes de spectacle, musique, théâtre, mais aussi des activités sociales, par exemple pour les étudiants. C'est un projet d'église", expliquent-ils. Le Petit Temple accueillera également la kermesse de l'Église protestante et le salon d'artisans d'art Les Fées de Noël en décembre, s'imposant comme un lieu incontournable du patrimoine et de la vie nîmoise.
Une restauration spectaculaire
Les travaux, menés par l'architecte Gwénolé Mary du cabinet MN Lab et Antoine Bruguerolle, architecte du patrimoine, ont métamorphosé l'édifice. L'ancien couvent des Ursulines, construit au début du XVIIIe siècle pour convertir les jeunes filles protestantes, a été acheté par Alexandre Vincent-Vals, puis sa fille Pauline en a fait don au consistoire au XIXe siècle. Contrairement à l'Oratoire ou au Grand Temple, le monument appartient à l'église, qui a financé les travaux, débutés à la rentrée dernière et achevés il y a quelques semaines.
Le temple répond désormais aux normes d'accessibilité. La façade côté rue du Grand Couvent a été entièrement refaite, un sas assure l'isolation thermique et phonique, et la toiture, le clocher et les corniches ont été restaurés. À l'intérieur, les vieux bancs ont été remplacés, des toilettes aménagées, des rampes d'accès installées, un parquet chauffant posé, et les murs consolidés. Des traces d'anciennes peintures murales ont été découvertes. La pierre blonde retrouve sa fraîcheur, et la lumière baigne l'ensemble, rendant les lieux particulièrement accueillants. Les finitions se poursuivront avec l'installation de baffles et de rideaux pour optimiser l'acoustique des spectacles.
Un spectacle inaugural en lien avec l'histoire
Pour cette réouverture, le Carré protestant propose une pièce en lien avec l'histoire du protestantisme : Le Grand Écart ou la révocation de Lady de Nantes, de Jean-Marie Perinetti. Ancien directeur du Sligo Youth Theatre en Irlande et aujourd'hui étudiant en théologie, Perinetti revisite l'histoire avec humour. En 1685, Louis XIV signe l'édit de Fontainebleau, mettant fin à près d'un siècle de tolérance religieuse. Plus de trois siècles plus tard, James est chargé de monter un spectacle avec des jeunes d'origines diverses, ignorant tout de l'édit de Nantes. Il mêle alors leur culture à l'histoire.
"C'est un one man show très drôle et très profond qui interpelle sur notre relation à l'autre", souligne Bernard Cavalier.
Informations pratiques
- Date : Jeudi 18 juin, 20h
- Lieu : Petit Temple, 19 rue du Grand-Couvent, Nîmes
- Participation : Libre



