Nathalie Eno dévoile l'envers du décor du cinéma français à Cotignac
Le centre d'art La Falaise, situé à Cotignac dans le Var, accueille actuellement une exposition exceptionnelle consacrée à Nathalie Eno, photographe de plateau emblématique. Cette rétrospective, intitulée Nathalie Eno, la photographie sur un plateau, offre un regard inédit sur les coulisses du cinéma français, couvrant une période allant des années 1980 à 2010.
Des images rares et des souvenirs précieux
Nathalie Eno a parcouru les plateaux de tournage pendant plus de trois décennies, capturant des instants fugaces et des scènes jamais montrées au public. Parmi les trésors exposés, on découvre une photographie prise sur le tournage du film Les Côtelettes de Bertrand Blier en 2003. Cette image montre les acteurs Michel Bouquet et Philippe Noiret, ainsi que le réalisateur, en pause dans un champ de blé du sud de la France, une scène qui n'a finalement jamais été intégrée au film.
« J'ai vu l'image à faire, j'ai couru dans le champ, j'ai juste eu le temps de faire la photo avant qu'ils ne se lèvent », se souvient Nathalie Eno, évoquant ce cliché devenu emblématique de son travail. Son portfolio impressionnant compte plus de 96 films, incluant des œuvres majeures comme Arizona Dream d'Emir Kusturica, Haut, bas, fragile de Jacques Rivette, ou encore Bienvenue parmi nous de Jean Becker.
De la documentation à l'art pur
Marc Tigrane, artiste plasticien et commissaire de l'exposition, souligne l'évolution du travail de Nathalie Eno : « D'un métier de documentation conçu pour promouvoir les films, elle a fait une œuvre sensible. Cette exposition montre le glissement de la photographie de plateau vers la photographie d'art ». Les visiteurs peuvent ainsi admirer des portraits intimes, comme celui de Michel Piccoli lors d'une séance de maquillage pour Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma d'Agnès Varda, ou des moments de complicité entre Karin Viard et Jacques Weber sur le plateau des Ambitieux.
Une mémoire vivante du septième art
En 2009, Nathalie Eno a légué son fonds de 17 000 photographies à la Cinémathèque Française, préservant ainsi une partie essentielle de l'histoire du cinéma. « Ce que j'aimais, c'était saisir l'instant qui n'existera plus, celui qu'on n'a pas décidé. J'ai voulu montrer ce hors-champ qu'on ne voit jamais, parce que c'est la mémoire du cinéma », explique-t-elle. Après des expositions à Fréjus, Séoul, Londres et Paris, elle revient dans le Var pour cette nouvelle présentation, enrichie par une scénographie immersive de Marc Tigrane, incluant des sons et des répliques de films mythiques.
L'exposition est ouverte du 28 mars au 30 mai au centre d'art La Falaise à Cotignac, du mardi au samedi, de 10 heures à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 heures. Les tarifs varient de 2 à 4 euros, offrant une plongée unique dans l'univers fascinant des coulisses du cinéma français.



