Leonora Carrington : au-delà du surréalisme, une artiste enfin célébrée à Paris
Leonora Carrington : une exposition majeure au Musée du Luxembourg

Leonora Carrington, une artiste enfin sortie de l'ombre

Longtemps, dans les récits du surréalisme, Leonora Carrington (1917-2011) a été présentée comme la jeune artiste anglaise excentrique rencontrée par Max Ernst (1891-1976) à Londres en 1937. Leur vie commune en France et leur séparation lors de la défaite de 1940 ont souvent éclipsé le reste. Cette vision est pourtant très réductrice, car Carrington a continué à peindre, dessiner et écrire avec passion pendant plus d'un demi-siècle après ces événements. De plus, lorsqu'elle a croisé le chemin d'Ernst, elle n'était pas simplement une héritière riche et belle, mais déjà une créatrice en devenir.

Une reconnaissance croissante et internationale

Depuis quelques années, la notoriété de Leonora Carrington connaît une ascension remarquable. En 2022, la Biennale de Venise, intitulée Le Lait des rêves d'après le titre d'un de ses livres, a exposé certaines de ses peintures, marquant un tournant. Cette visibilité s'accompagne d'une hausse significative de la cote de ses œuvres sur le marché de l'art, attirant malheureusement aussi l'attention des faussaires. Son influence dépasse désormais les cercles spécialisés pour toucher un public plus large.

Une exposition historique au Musée du Luxembourg

L'exposition présentée au Musée du Luxembourg à Paris s'inscrit pleinement dans cette dynamique de redécouverte. Il s'agit de la première rétrospective d'une telle envergure consacrée à l'artiste en France, rassemblant plus d'une centaine d'œuvres et de documents dans une scénographie à la fois simple et claire. Parmi ses qualités principales, l'exposition met en lumière un grand nombre de pièces peu connues, offrant ainsi une perspective renouvelée sur son travail.

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Cependant, cette manifestation n'est pas une rétrospective complète, car elle ne parvient pas à réunir plusieurs toiles majeures de Carrington. Par exemple, L'Auberge du cheval d'aube. Autoportrait (1937-1938) n'a pas fait le voyage depuis le Metropolitan Museum de New York, pas plus que Eté (1942) du musée de Tel-Aviv. L'absence notable des Distractions de Dagobert (1945), une œuvre acquise par un collectionneur argentin pour 28,5 millions de dollars en 2024, est également à déplorer. Malgré ces manques, l'exposition réussit à capturer l'essence de son univers chimérique et poétique.

Cette initiative du Musée du Luxembourg contribue ainsi à affirmer Leonora Carrington comme une figure majeure de l'art du XXe siècle, bien au-delà de son étiquette surréaliste. Son héritage continue d'inspirer les nouvelles générations, prouvant que son œuvre reste d'une actualité brûlante.

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