K-Beauty au Musée Guimet : bien plus qu'une simple tendance beauté
Les termes « glass skin », « glow » ou « BB crème » sont désormais familiers à des millions de personnes à travers le monde. Ils incarnent la K-Beauty, cet art du soin venu de Corée du Sud qui a conquis la France et bien d'autres pays depuis plus d'une décennie. Pour célébrer le 140e anniversaire des relations diplomatiques franco-coréennes, le Musée Guimet à Paris propose une exposition ambitieuse intitulée « K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène ». Loin de se limiter aux produits cosmétiques, cette exposition plonge dans les profondeurs historiques et culturelles d'une esthétique millénaire.
Un voyage à travers les siècles de la beauté coréenne
Le parcours débute à la fin de l'ère Joseon, au XVIIIe siècle, et s'étend jusqu'à l'époque contemporaine marquée par les idoles de la K-pop. Les commissaires Claire Bettinelli et Claire Trinquet-Solery ont orchestré un dialogue fascinant entre des œuvres classiques, comme celles du peintre Shin Yun-Bok, et des créations modernes des marques emblématiques telles qu'Erborian ou Beauty of Joseon. À travers une riche collection de tableaux, costumes, photographies, accessoires et publicités, l'exposition illustre l'évolution des normes esthétiques coréennes.
Cette transformation visuelle a été influencée par divers courants :
- Le néo-confucianisme et ses codes traditionnels
- L'émergence de nouvelles inspirations durant les Années folles
- Les mutations rapides du XXe siècle
- La préservation de routines et d'équilibres ancestraux
La K-Beauty comme vecteur de soft power
L'exposition démontre comment la K-Beauty a joué un rôle stratégique dans le soft power coréen, particulièrement durant la « Hallyu » (la vague culturelle sud-coréenne des années 2000) et jusqu'à aujourd'hui. Claire Trinquet-Solery explique : « Nous voulions faire percevoir toute la richesse de cette culture. Pour ce faire, il nous a semblé important de parler autant de la Corée d'hier que de celle d'aujourd'hui. » Elle insiste sur le fait que la K-Beauty n'est pas un phénomène éphémère, mais bien une expression culturelle profonde.
Les surprises historiques de l'exposition
Parmi les découvertes marquantes, les commissaires soulignent l'importance du début du XXe siècle, une période de bouleversements où la Corée a connu des influences étrangères et des innovations esthétiques uniques. « Examiner cette accumulation de moments clés qui nous mènent aujourd'hui à la K-Beauty a vraiment été passionnant », confie Claire Trinquet-Solery. L'exposition révèle également comment l'art contemporain coréen entretient un dialogue constant avec le passé, comme en témoignent les photographies d'idoles de K-pop vêtues de hanbok traditionnels.
Une grammaire visuelle globale
La force de la K-Beauty réside dans sa nature globale, intégrant non seulement des formulations cosmétiques et des plantes, mais aussi une philosophie complète. « Nous ne faisons pas une exposition sur les secrets de beauté ou la cosmétique, mais sur une grammaire visuelle », précise Claire Trinquet-Solery. Cette exposition illustre comment la K-Beauty s'inscrit dans un récit culturel plus large, aux côtés de la K-pop et des dramas, contribuant ainsi à l'attrait mondial pour la culture coréenne.
Informations pratiques : L'exposition « K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène » se tient au Musée national des arts asiatiques – Guimet, 6 Place d'Iéna, Paris 16e, jusqu'au 6 juillet 2026. Une occasion unique de découvrir les racines historiques d'un phénomène qui continue de séduire le monde entier.



