Christine Morin dévoile Géographie de la mémoire à l'Hôtel Entraigues d'Uzès
Depuis le 27 mars et jusqu'au 26 septembre prochain, l'Hôtel Entraigues à Uzès accueille une exposition inédite de l'artiste Christine Morin intitulée Géographie de la mémoire. Cette présentation exclusive propose aux visiteurs une sélection d'œuvres récentes où l'artiste poursuit son exploration approfondie des matières, naviguant habilement entre peinture, broderie et installations artistiques.
Une œuvre à la croisée des disciplines artistiques
Le travail de Christine Morin se situe à l'intersection de l'abstraction lyrique, de l'art conceptuel et de l'art textural. Son approche artistique interroge fondamentalement notre relation au monde à travers une exploration sensible de la matière, de la couleur et du motif. L'artiste explique sa démarche avec des mots évocateurs : "Le tissu brodé comme la toile peinte ne sont plus un support mais une membrane, comme une seconde peau où s'expriment les traces du réel, de la mémoire."
Christine Morin rejette délibérément la représentation figurative pour privilégier une abstraction qui plonge dans les instants enfouis et les traces mnésiques. Cette orientation artistique lui permet d'explorer des territiers émotionnels et mémoriels souvent inaccessibles par les voies traditionnelles de la figuration.
Broderie et récupération : un hommage aux femmes
L'artiste révèle sa relation particulière avec la broderie, une technique qu'elle a intégrée récemment à sa pratique : "J'aime la couleur, jouer avec différents médiums. Le fil, c'est plus récent, mais j'aime aussi. J'en fais qu'avec du linge de récupération, c'est pour ça qu'il y a des formes improbables."
Cette approche de la récupération donne une dimension supplémentaire à son travail : "Ce sont des linges qui ont eu une vie avant celle que je leur donne aujourd'hui. Et j'aime cette idée de redonner vie." Christine Morin transforme ainsi des textiles usagés en œuvres d'art contemporain, leur insufflant une nouvelle existence artistique.
La dimension féministe de sa pratique émerge clairement lorsqu'elle explique : "Je ne savais pas broder mais j'aime utiliser cette façon de dessiner avec du fil et pour moi c'est un hommage à toutes ces jeunes filles à qui on a fait broder leur trousseau indéfiniment en leur racontant que leur seul avenir était le mariage." À travers cette technique traditionnellement associée à la domesticité féminine, l'artiste opère un renversement symbolique puissant.
Les aquarelles : éclaboussures durables des instants
Pour ses œuvres sur papier, Christine Morin a développé une série particulièrement significative : "Pour les aquarelles, j'ai appelé cette série éclaboussures durables des instants car c'est l'eau qui permet de faire de belles taches." Cette appellation poétique révèle sa fascination pour les processus organiques et les accidents contrôlés qui caractérisent son travail avec l'aquarelle.
L'exposition Géographie de la mémoire représente ainsi une cartographie sensible des souvenirs et des émotions, où chaque œuvre fonctionne comme un territoire mémoriel à explorer. Les visiteurs de l'Hôtel Entraigues sont invités à parcourir ces paysages intimes jusqu'au 26 septembre, découvrant au fil des salles les différentes facettes du travail de cette artiste qui réinvente les techniques traditionnelles au service d'une expression contemporaine.



