B. Hocine expose à Foulayronnes : renaissance artistique après une grave blessure
B. Hocine expose à Foulayronnes : renaissance artistique

B. Hocine expose à Foulayronnes : une renaissance artistique marquée par la résilience

Le peintre franco-algérien B. Hocine, de son vrai nom Hocine Belahcene, dévoilera deux de ses collections lors d'une exposition à la mairie de Foulayronnes, qui se tiendra du 4 au 29 mai. Cet événement s'inscrit dans la continuité de son succès récent au 110 d'Agen, où il a habité les locaux en mars dernier, et témoigne de son parcours remarquable de résilience artistique.

Un accident qui a tout changé

En 2012, B. Hocine, pour qui l'art est toute une vie, subit une fracture sévère du poignet qui l'oblige à arrêter son activité. Le bilan médical est sans appel : il ne recouvrera pas la moitié des capacités motrices de sa main. Pendant trois années « très difficiles » sans pouvoir peindre, l'artiste se bat de toutes ses forces, comme il l'explique lui-même. « Je me suis battu de toutes mes forces », confie-t-il, soulignant comment cette épreuve a fait émerger en lui un nouvel artiste. « Ma façon de dessiner a changé, celle de peindre aussi ».

Une inspiration éclectique et engagée

Depuis quatre ans, B. Hocine est plus prolixe que jamais, selon sa femme et agente Astelly Nzingoula, qui analyse : « On voit qu'il a été anesthésié pendant huit ans ». L'artiste, qui utilise principalement de la peinture à huile, de l'acrylique et du crayon pour ses portraits, puise son inspiration dans la toile de sa vie, la décrivant comme « éclectique ». Ses œuvres mêlent formes géométriques aux inspirations cubistes pour exprimer des sujets sociaux et sociétaux qui le touchent profondément.

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Par exemple, un de ses tableaux représente la censure, évoquant la période de la décennie noire en Algérie, avec un corps de femme nu barré d'un trait de peinture rouge vif. Issu d'une famille d'artistes, le peintre de 42 ans a grandi dans l'ouest de l'Algérie, bercé par les fusains et le papier. « On m'a mis un crayon entre les doigts quand je suis venu au monde. J'ai toujours été passionné », raconte-t-il. Après des études aux Beaux-Arts en Algérie, où il est sorti major de promo, il s'installe à Paris avant de rejoindre le Lot-et-Garonne.

Les collections présentées à Foulayronnes

L'exposition de Foulayronnes regroupera deux collections partiellement nouvelles :

  • « Mirages » : cette collection traduit des représentations de villages et paysages algériens « restés ancrés dans la tête » du peintre, évoquant ses racines et souvenirs d'enfance.
  • « Pensées de l'Être » : en cours d'élaboration, cette collection affichera plusieurs visages « centrés sur la toile », selon les indications de son agente, qui garde une part de mystère sur les détails.

B. Hocine participera également au festival agenais Mémoire le 23 juin prochain, poursuivant ainsi son engagement artistique dans la région.

Un alter ego pour exprimer l'émotion

Dans son parcours, l'artiste a connu des périodes de création entrecoupées de moments plus difficiles, comme des épisodes de dépression liés à la maladie de son père. « Lorsque j'essayais de peindre, devant la toile blanche, je n'y arrivais pas », admet-il. Pour surmonter cela, il s'est appuyé sur « Pierrot », un ami imaginaire né de ses traits de pinceaux à l'âge de 18 ans, devenu un alter ego récurrent dans ses collections. Cet personnage lui permet de céder sa pudeur et d'« exprimer des émotions personnelles » à travers son art.

B. Hocine clame avec conviction qu'il peint « par passion, par amour et par principe », affirmant ainsi son dévouement total à sa pratique artistique. Son histoire, marquée par la diversité de ses origines – avec un père kabyle et une mère corse –, se reflète dans son caractère et son œuvre, comme il le souligne avec humour : « Ça vous donne une idée de mon caractère ».

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